Echo Park, L.A.Dans Echo Park, L.A., Deux ados d’origine latinos, deux cousins, sont chassés par leurs familles : elle parce qu’elle est enceinte, lui parce qu’il est gay. Recueillis par un oncle, ils prennent ensemble leur vie en mains… 

 

Joli film d’initiation mais aussi beau film social (la vision de la communauté hispanique américaine et de ses codes est tout à fait passionnante), Echo Park, L.A. est une belle réussite du cinéma indépendant américain qu’on ne saurait limiter à son traitement de la question gay. Car si l’homosexualité de Carlos — et ce que cela implique pour lui de difficultés pour trouver sa place dans sa famille et sa communauté — est centrale ici, il est impossible d’en faire l’alpha et l’oméga de cette histoire bien plus riche où c’est le statut des minorités au sein de la société américaine blanche qui est interrogée (le sexy Carlos n’est vu que comme un fantasme par les riches pédés californiens), en même temps que la place des minorités (femmes, homos…) à l’intérieur même d’une minorité ethnique réputée pour son machisme. La belle réussite de ce film est de le faire en échappant aux discours et aux théories et en s’appuyant sur un duo de jeunes personnages magnifiques irréductibles aux clichés dans lesquels on voudrait les enfermer. Réalisé par un duo de cinéastes jusqu’alors habitués à faire des films qu’on peut difficilement présenter autrement que comme des films purement gay (en particulier la comédie très légère Fluffer qui se déroulait dans ce monde du porno pédé que connaît bien Westmoreland pour en avoir été une star), Echo Park, L.A. est beaucoup plus ambitieux et abouti. Si on en voulait la preuve, il suffirait de signaler que la production en a été assurée par Todd Haynes (dont le génial I’m not there sort en DVD ce mois-ci chez Paramount) et que le film a récolté plusieurs prix au très exigeant festival de Sundance. Film sensible et frémissant, Echo Park, L.A. est une des meilleures illustrations de cette approche moderne de l’homosexualité qui émerge depuis peu, qui n’en fait plus un sujet autonome mais une des facettes de la complexité du monde et de ses habitants.

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