Le 24 juin, le directeur de l’Assurance maladie a créé le trouble en évoquant une remise en cause de la prise en charge à 100% des personnes atteintes d’affections longue durée.

En France, les personnes atteintes d’affections dites «de longue durée» comme le diabète, les hépatites chroniques, le VIH, l’hypertension artérielle ou le cancer, bénéficient d’une prise en charge à 100% de tous les frais médicaux relatifs à leur pathologie. Interrogé par les Échos sur la nécessité d’équilibrer les comptes de la Sécurité sociale, le directeur de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM), Frédéric Van Roekeghem, a fait une déclaration aussi inattendue que polémique sur les d’affections de longue durée (ALD). Il réclame notamment une réflexion sur la liste des affections ouvrant droit à la prise en charge à 100%, laissant entendre que certains diabètes ou l’hypertension artérielle ne constituaient pas des «pathologies véritablement longues et coûteuses». Par ailleurs, le directeur de l’UNCAM propose de baisser le taux de remboursement des médicaments à «vignettes bleues», dits de confort, qui ne participent pas directement au traitement de la maladie mais soignent les effets secondaires du traitement. Des médicaments «vignettes bleues» particulièrement importants dans le cas des personnes séropositives. Pour justifier ces propositions, Frédéric Van Roekegheim explique que «le nombre de bénéficiaires (du 100%) progresse de 4% par an et le coût global de 6%» ; une approche comptable que dénoncent les associations de défense des malades, comme AIDES, qui font notamment remarquer que moins bien traités en amont, les malades coûteront plus cher finalement. Après le tollé provoqué par l’interview parue dans Les Échos, le gouvernement a démenti toute possibilité de remise en cause du 100% dans l’immédiat. Mais cela ne suffit pas à rassurer les acteurs du système de santé (associatifs, politiques, médicaux…) qui craignent que cette annonce ne soit que la première d’une longue série.

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