Souvent présentés comme un événement portant haut et fort des valeurs humanistes, les jeux olympiques, tout comme le sport en général, n’ont pas toujours été tendres avec les homosexuels ainsi qu’avec les femmes. Ainsi, Pierre de Coubertin refusait l’idée «d’Olympiades femelles», préférant qu’elles pratiquent, par exemple, la danse. Les cérémonies d’ouverture des jeux sont de bons marqueurs des symboles que l’on veut attacher à une édition des Jeux. Premier geste « gay friendly » de la part de Barcelone en 1992, puisque Freddy Mercury devait y interpréter Barcelona. Pas de chance, il est mort juste avant. En 2000, les Jeux de Sydney donnent lieu à une grande messe pour la tolérance. Cathy Freeman l’aborigène allume la flamme, des drag-queens font le show, en référence au film australien culte, Priscilla folle du désert. Quant à l’homosexualité des athlètes participants, elle reste taboue. Selon le magazine en ligne www.outsports.com, une petite dizaine de participants sont ouvertement gays ou lesbiennes. Sur 11 000 inscrits, on est loin des statistiques généralement acceptés, selon lesquels 6% de la population seraient homosexuels. Parmi eux, deux ont fait parler d’eux : l’épéiste allemande Imke Duplitzer (voir revue de presse) et surtout l’Australien Matthew Mitcham, qui a remporté l’épreuve du plongeon à 10 mètres. Il est le deuxième plongeur gay champion olympique après Greg Louganis (1984 et 1988). Histoire édifiante, la chaine américaine CNN, qui comme toutes les télés du monde retransmet avec plaisir les effusions de joie, les retrouvailles avec les proches, a passé sous silence l’homosexualité de Mitcham.

Merci à Sylvain Bouchet, qui termine actuellement un doctorat en histoire de l’Olympisme

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