Act UpDeux événements diplomatiques majeurs ont eu lieu cet été : les Jeux Olympiques et la conférence mondiale sur le sida. Le monde s’est enthousiasmé pour le premier et a presque ignoré l’autre, la France en tête.

Du 3 au 8 août se déroulait à Mexico la 17e conférence mondiale sur le sida. Cette manifestation biennale avait lieu pour la première fois en Amérique latine ; des délégués du monde entier s’y rencontrent, issus de la sphère associative, du monde scientifique et de celui des dirigeants. Si les militants sont toujours présents, les politiques ont tendance à déserter. C’est notamment le cas des Français, dont le gouvernement n’a pas été représenté. Ni Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, ni Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la jeunesse et des sports n’ont assisté à la conférence. L’ancien socialiste et celle que l’on considère souvent comme la plus «gay friendly» des hommes et femmes politiques de droite se sont contentés de faire passer un message, dans lequel on peut notamment lire «Vous, associations, militants et professionnels de la lutte contre l’épidémie, qui avez été parmi les premiers à vous mobiliser au niveau mondial, vous représentez parfaitement les valeurs humanistes et solidaires que la France souhaite porter». Elle aura manifestement préféré défendre ces valeurs à Pékin, pendant la cérémonie d’ouverture des JO, à laquelle assistaient Mme Bachelot et Nicolas Sarkozy. Cette absence à Mexico a fait mouche puisque le fameux message n’a pas été lu, par peur de réactions vives de la part de militants. Il faut dire que pendant la conférence, interpellé par des membres d’Act Up, le directeur de Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS) a confirmé la baisse du financement dont elle bénéficiait de la part du ministère des Affaires étrangères, de un million à 600 000 euros. À l’issue de la conférence mondiale, Act Up a sans doute bien résumé le sentiment qui règne parmi les associations de lutte contre le sida : «Roselyne Bachelot-Narquin n’est plus ministre de la Santé, et la France a donc deux secrétaires d’Etat au Sport».

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