Aux bizutages

Septembre est heureusement terminé, avec son cortège d’étudiants humiliés par les bizutages. Mises à part quelques affaires particulièrement glauques de violences sexuelles qui défraient chaque année la chronique, on me dira qu’il s’agit de cordiales étapes d’intégration, pour la plupart bon enfant. Du jaune d’œuf dans les cheveux, des danses de la pluie tout nu devant l’hôtel de Ville, une course en sac les yeux bandés les mains liées sur une piste huilée et parsemée de clous… bon enfant ? Peu importe que les activités soient dangereuses ou non : elles font partie d’un dispositif d’humiliation, de mise en concurrence des nouveaux entrants, de mise en scène de la domination des aînés. Et le plus grave, c’est que l’on ne peut s’y soustraire sous peine d’opprobre, susceptible de durer jusqu’à la fin des études… huit ans en médecine ! Alors au risque de passer pour des vieux cons, disons non aux bizutages, dont on admettrait, s’ils étaient pratiqués par d’autres que des étudiants (souvent dits «d’élite»), qu’ils s’apparentent à des pratiques barbares. Attention, cela ne veut pas dire que l’on est forcément favorables aux séances d’intégration versions boyscouts Habitat et Humanisme.

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