Bertrand RiotordLe Grand prix de tennis de Lyon n’attire plus vraiment le gratin mondial. Du coup, les Français cartonnent…

Gilles Moretton est un ambitieux. Le genre d’homme à dispenser çà et là des leçons de capitalisme aux pauvres Français cloisonnés dans une vision désuète du sport, loin de l’entertainment à l’américaine. Et nulle volonté ici de s’y opposer bêtement. Le président de l’Asvel et directeur du Grand prix de tennis de Lyon (GPTL) sait que la croissance de ses bébés passe par leur attractivité. Et c’est ici que se situe le paradoxe : on ne cesse de rabâcher que Lyon se dynamise, que la société du spectacle prend le pas sur les saines valeurs originelles du sport, et le pauvre Gilles n’arrive pas à obtenir la grande salle multifonctions dont il rêve. Du coup, l’ancien tennisman passe pour un affreux libéral tout en étant un peu dépouillé. L’Asvel est à la traîne (un seul titre de champion depuis qu’il en a pris les commande en 2001) malgré l’un des plus gros budgets de Pro A (le troisième) et bien que Lyon-Villeurbanne soit de loin la plus grosse agglomération de l’élite. Quant au GPTL, qui se dispute du 20 au 26 octobre, il apparaît lui aussi sur le déclin. Un coup d’œil sur les oppositions en finale depuis sa création en 1987 suffit à s’en rendre compte : Mc Enroe, Wilander, Courrier et surtout Sampras (trois victoires plus une finale) avaient leurs habitudes du côté de Gerland alors qu’il n’y aura, qu’un seul représentant du top 10 cette année en la personne d’Andy Roddick. L’argent (la vétusté du Palais des sports n’arrange évidemment rien) semble être la cause : les deux autres tournois qui se déroulent la même semaine, Saint-Pétersbourg et Bâle, sont mieux dotés (975 000 et 829 000 $ contre 659 000). Mais le sort s’acharne : la probabilité que le meilleur joueur du monde, même s’il n’est actuellement que n°2 à l’ATP, soit originaire de Bâle était infime. Pas de bol : on ne verra jamais Roger Federer à Lyon. Rassurez-vous, l’affiche n’est pas totalement moisie : sept joueurs du top 20 et la crème du tennis français, à Monfils près. Car finalement, l’atout du GPTL, c’est sa force cocardière : cinq victoires lors des dix dernières années (contre une seule lors des dix premières…), dont les éditions 2006 et 2007 dans des finales 100% française. Alors ce n’est pas un gage de qualité. Mais c’est toujours ça de pris.

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