Tous les mois, Hétéroclite se propose d’éclaircir un mot du jargon homosexuel et des minorités de genre : en novembre, place à l’interlope.

 

Interlope : n.m. Navire marchand exerçant des activités frauduleuses, de la contrebande. Par extension : adjectif qui désigne tout commerce frauduleux, ou au figuré qui est d’aspect équivoque, dont l’honnêteté ou la légalité est douteuse.

 
Contrairement à ce que l’on pourrait croire au premier abord, le mot « interlope » n’a rien à voir avec l’insulte qui rime avec. Son usage ne concerne pas spécifiquement les gays même si l’histoire des milieux interlopes se confond souvent avec celle des marges homosexuelles. Car un lieu interlope, c’est un lieu louche fréquenté par des gens suspects, dont bien évidemment des homosexuels, des travestis et autres personnes infréquentables. En 2006 ont été édités deux Cds de Chansons interlopes, interprétées notamment par Juliette Gréco, Coccinelle, Bambi ou Suzy Sulidor. Le mot a été récemment «récupéré» dans le milieu gay et lesbien par l’association des Gais Musette, à l’initiative du Carnaval interlope, qui attire chaque année un millier de personnes environ, en hommage au bal du même nom organisé dans les Années folles à la mi-carême. » Interlope » se dit d’une personne, d’un milieu, d’un univers et désigne dans tous ces cas un interstice, une béance dans le quotidien des villes civilisées et policées. Sans doute ces béances ont-elles été pour la plupart bouchées alors que c’est aujourd’hui que l’on en a le plus besoin.

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