«Embarqués dans un mode de vie altermondialiste, vivotant pour certains du négoce de produits agricoles, fuyant le regard des rares riverains qui les entouraient, ces apprentis terroristes de la gauche ultra présentaient un profil bien particulier»
Christophe Cornevin, Le Figaro, le 12 novembre

Méfiez-vous ils sont partout. Les insurgés. Ceux qui n’ont pas confiance dans le journal du 20h ; qui préfèrent penser avec les auteurs de La Fabrique plutôt qu’avec Éric Zemmour ou Finkielkraut. Ceux qui rêvent parfois de tout déchirer pour tout réécrire ; de tout casser pour tout rebâtir. Ceux qui ne veulent pas réformer ; certains préfèrent se retirer dans une communauté, d’autres jeter quelques cailloux dans la mécanique bien huilée d’une démocratie à laquelle il ne croient pas. Que menacent-ils tellement pour qu’on les poursuive et les traite comme s’ils s’apprêtaient à faire exploser la Tour de la Défense ? Insoumis certes, terroristes ? Allons… Michèle Alliot-Marie perd la raison. Comme le procès intenté par le Président à l’auteur d’une pancarte «Casse toi Pauv’Con», la traque à l’ultra-gauche a des airs de caprice d’enfants gâtés qui n’aiment pas être contredits. Nous ont-ils forcé à penser comme eux ? Nous empêchent-ils de commencer dès aujourd’hui à angoisser à cause des cadeaux de Noël qu’il va falloir trouver dimanche, car nous, la semaine, on travaille… ? Nous empêchent-ils de mal faire le tri ? De placer notre argent sur un compte rémunérateur ? De prendre la voiture pour faire 200 mètres ? De se dire en passant devant un panneau publicitaire : «tiens, cool cet écran plat» ? De voter PS, Modem ou UMP ? Rien de tout ça. Au pire, ils nous rappellent, et c’est assez souvent désagréable, que sur bien des points nous avons abandonné, que l’on n’a pas toujours le courage de réfléchir et de résister. Évidemment, leur intransigeance et le mépris qu’ils affichent pour les «faibles consommateurs capitalistes de droite réactionnaires oppresseurs» (93% de la population) est à bien des égards une posture également confortable et vite oubliée. Mais enfin, anéantir les quelques marges critiques que notre société est encore capable de produire, voilà un geste terroriste.

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