Sur la SaintéLyon, il y a des athlètes, mais aussi des gens normaux. Enfin, normaux…

Raid extrême. Telle est la définition de la mythique course Saintélyon, qui relie… Saint-Étienne et Lyon sur dorénavant 69 km. À pied. Autant dire que la notion d’extrême n’est pas galvaudée. Créée en 1951, elle n’était au départ «qu’une» randonnée. Mais les jalons sont déjà posés puisqu’elle se déroule, tant qu’à faire, l’hiver et de nuit. Et puis, au milieu des années 70, éprises de liberté et surtout équipées de chaussures de plus en plus confortables, certaines personnes commencent à manifester leur désir d’aller plus vite : en 1977, elles ont le droit de courir… Depuis, on peut donc faire la SaintéLyon en courant d’une traite. À ce petit jeu là, Jean-Franck Proietto est un mythe dans le mythe : recordman du parcours en 1994 (4h19, la distance a été rallongée depuis), il s’éclipse treize années durant au gré de ses mutations professionnelles et des préparations des marathons internationaux de la police, puisqu’il en est. Puis il revient l’an dernier et s’impose en 5 h du haut de ses 47 ans… Forcément, la course relais (à deux, trois ou quatre) fait moins peur. Pourtant, Nicolas Binet, coureur franc-comtois d’un Team Asics qui ne vient pas pour rigoler, concède avoir «un peu de pression» : en partant le premier sur trois, il effectuera la plus petite portion (14 km) mais ne se voit pas laisser son coéquipier trop en retard. Il a également une pensée pour le dernier relayeur «qui partira vers 4 heures du mat’ au beau milieu des Monts du Lyonnais». Pour mémoire, la SaintéLyon, c’est moitié sur bitume, moitié sur des chemins, à la lampe frontale. Toujours trop effrayant ? Reste la marche alors. Quoique. Lorsque Guillaume, 25 ans, parle du «défi» qu’il s’est lancé avec trois potes, on sent que le délire initial devient plus sérieux à mesure que le 7 décembre approche. «Ça ne s’improvise pas : il faut pousser son corps». Marcher, certes, mais 16 heures ! Ses trois comparses avaient déjà tenté l’expérience l’an dernier. Seuls deux avaient trouvé la force d’arriver à Lyon. C’est dire l’ampleur du «loisir». Et puis il faut passer le temps : «On discutera, prévoit Guillame. Même si on risque d’arrêter de parler lors des vingt derniers kilomètres». On ne vous en tiendra pas rigueur.

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