Un Macbeth sous testostérone façon viking : voilà l’imagerie qu’a développé Pascal Mengelle pour son interprétation d’une des pièces les plus jouées de Shakespeare. Véritable créateur d’univers marquants, Mengelle, avec sa compagnie La Saillie, travaille depuis ses débuts sur le corps et son apparence, souvent hors norme, monstrueuse. Bertrand Barré, vêtu à l’image d’un guerrier barbare sanguinaire (comme tous les acteurs masculins de la distribution) est donc imposant, brut, physiquement solide comme un roc, comme pour mieux masquer la faille intérieure de son personnage. Car, est-il encore besoin de le rappeler, Macbeth est un être complexe, et cet aspect ambivalent de sa personnalité (est-il sanguinaire par nature ou sont-ce ses peurs qui le conduisent à l’être ?) est souligné par l’utilisation de percussions tout au long du spectacle : grinçantes, froides, violentes, bestiales : elles se font l’écho du chaos intérieur de Macbeth. Chaos intensifié, voire sublimé par la scénographie minimaliste de Mengelle, un simple drap blanc polymorphe servant à lui seul de décor (c’est fou tout ce qu’on peut faire avec un drap !). Finalement, cette mise en scène fluide mais savamment étudiée revigore l’une des pièces maîtresses du répertoire shakespearien. Une véritable appropriation, comme en témoigne ce qui est arrivé aux sorcières dans cette transposition scénique très personnelle que l’on vous laisse découvrir.

Du 14 au 16 janvier à l’Hexagone, 24 rue des Aiguinards–Meylan / 04.76.90.09.80
Du 3 au 7 février au Théâtre de la Croix-Rousse, place Joannès Ambre-Lyon 4 / 04.72.07.49.49

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