élève libreLa question des limites et celle du libre-arbitre sont au cœur du propos d’Élève libre et valent tant pour ses héros que pour ses spectateurs.

 

À 16 ans, Jonas est beau, sportif, charmant. Son père est parti. Sa mère souvent absente. Il vit avec son frère aîné, entre tennis, copains, télé et pizzas du soir. À l’école, c’est l’échec, il n’a plus en vue que l’enseignement professionnel. Et voilà qu’un ami de sa mère, Pierre, décide de l’aider à décrocher un concours qui lui permettra de s’en sortir… Élève libre, c’est donc l’histoire d’une éducation, mais une éducation peu académique, où les matières scolaires ne servent finalement que de justification à autre chose. Car les portes que Pierre ouvre à Jonas sont de toute nature, et notamment sexuelles : une femme s’offre à lui pour lui faire découvrir comment faire jouir sa petite copine, un homme lui montre qu’il ne faut pas avoir de préjugés sur le plaisir, et Pierre lui-même instaure une relation dont on ne sait jamais vraiment si elle est voulue ou subie. C’est d’ailleurs toute la force du troisième film de Joachim Lafosse, jeune cinéaste belge découvert avec l’impressionnant Nue propriété avec Isabelle Huppert, que de nous plonger dans cet embarras. Ce que le film montre nous met profondément mal à l’aise, nous dérange, et pourtant nous laisse incapables de juger de ce que l’on a vu : manipulation ? violence ? soumission ? chantage ? échange ? consentement mutuel ? La question des limites et celle du libre-arbitre sont ainsi au cœur du propos d’Élève libre (ce n’est pas pour rien que le nom et l’œuvre de Camus reviennent si souvent) et valent tant pour ses héros que pour ses spectateurs.

Élève libre, de Joachim Lafosse, avec Jonas Bloquet, Jonathan Zaccaï, Yannick Renier. Sortie le 4 février.

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