Louis-George Tin, fondateur de l’IDAHO (International Day Against Homophobia, journée mondiale de lutte contre l’homophobie)

Pourquoi avoir choisi la transphobie comme thème cette année ?
D’abord pour montrer la diversité de la communauté LGBT. L’année dernière, la thématique s’intéressait aux lesbiennes. Et aussi parce que l’actualité l’appelle. Malheureusement, depuis quelques mois, on a constaté des violences transphobes importantes dans des pays comme la Turquie. En 2010, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) doit entreprendre la révision de la classification internationale des maladies. Il s’agit de faire retirer la transsexualité des maladies mentales, comme cela a été fait pour l’homosexualité il y a quelques années (1985, NdlR).

Y a-t-il un espoir que les choses avancent même si la dépénalisation de l’homosexualité n’a pas obtenu de majorité à l’ONU ?
De toutes façons, on ne peut pas reculer. Plus une situation est difficile et plus il faut s’engager. Beaucoup de pays ont déjà avancé : en Suède, en Espagne, la déclassification est déjà acquise, il n’y a pas de raison qu’en France, ce ne soit pas possible. Après tout, les gays et lesbiennes en étaient là il n’y a pas si longtemps.

Qu’attendez-vous de cette journée du 17 mai ?
La déclassification est demandée dans tous les pays. L’obtenir dans un pays de plus serait déjà bien. Nous demandons que la question soit mise à l’ordre du jour de la réunion de l’Organisation Mondiale de la Santé en 2010. Sinon, ce sera pour 2014. Sur ces questions, l’invisibilité est le pire ennemi. Le fait de prendre la parole, de faire relayer par les media le terme de transphobie, c’est déjà une victoire. Symbolique, peut-être, mais c’est déjà faire entendre une voix dans la conspiration du silence.

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