Mélissa Solito et Baptiste BertrandDeux punks pervers, des textes solides et un peep-show bien rodé. Les Lyonnais de Brice et sa Pute vont bien au-delà de l’évidence annoncée par leur patronyme très «chanson-provoc’ tendance misogyne». Pourtant, le duo formé en 2007 peut paraître à première vue anecdotique : la forme semble l’emporter sur la musique. Leurs concerts, visuellement frappants, ont des accents théâtraux, des allures de show. Brice joue derrière des barreaux, à moitié nu, en collants et porte-jarretelles. Fantasme de l’homme en cage, il apparaît parfois le visage en blanc, tel le docteur Frank N. Furter dans le Rocky Horror Picture Show. Sa “pute“ le mène par le bout de la cravate. Elle ressemble à une Amélie Poulain qui n’a connu aucun destin fabuleux, la frange de travers et un maquillage horrifique. Derrière les références, la liberté de ton et la provocation, se cachent pourtant deux créateurs rigoureux et singuliers, Pierre et Marie. Et quoiqu’on en pense, Brice et sa Pute, c’est avant tout de la musique, des compositions originales, des textes minutieux. Si la formation est franchement minimaliste, elle ne tourne jamais en rond (contrairement à Brice, emprisonné, qui se démène sur des lignes de basses mélodiques et propose aussi des rythmiques percutantes à la force de ses talons). Au bout d’un micro années 50, sa «pute» appâte le public avec des textes crus et sadiques. La violence des échanges est au centre de ces paroles, qui côtoient franchement la vulgarité, sans en être la finalité. Une tension émane du contraste entre liberté de mots et écriture stricte et classique. («De vilaines pétasses hurlaient comme des chiennes / On les caressait dans le sens des veines / De façon fortuite elles se passaient de visages / Pour nous c’était pratique elles n’en étaient que plus sages»). Bien loin des minauderies de la chanson française actuelle, le duo semble plus inspiré par l’électro-punk que par Anaïs et son angine. Brice et sa Pute ne fait ni dans la chansonnette, ni dans le consensus.

Concert avec Messer Chups, le 10 décembre au Sonic, 4 quai des Étroits-Lyon 5
Concert avec Human Toys, le 11 décembre au Ninkasi Kafé, 267 rue Marcel Mérieux-Lyon 7

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