C’est vrai, il n’y a rien de bien neuf dans cet album que sort pour les fêtes le label Polydor, puisque les dix-huit titres qui le composent sont en fait les faces B des singles issus des trois derniers albums de Morrissey. Mais au vu de la discographie pour le moins touffue (et à vrai dire difficile à suivre) de l’ex-chanteur des Smiths, entre albums originaux, rééditions Deluxe, sorties anglaises ou américaines, singles édités en vinyle, en CD ou sur le Net uniquement, cette compilation offre au moins aux fans du grand brun ténébreux de Manchester l’assurance de n’avoir rien manqué. De surcroît, elle permet également de porter un regard rétrospectif sur une période particulièrement riche et excitante de la carrière du Moz. Alors qu’il n’avait rien fait paraître entre 1997 et 2004, les cinq dernières années l’ont en effet vu gratifier son public de trois albums quasiment coup sur coup : You Are The Quarry (2004), Ringleader of the Tormentors (2006) et plus récemment Years of Refusal (2009) ont marqué un retour en grâce à la fois public et critique de cette figure majeure du rock alternatif anglais et ont surtout permis de le faire découvrir à une audience rajeunie qui n’a pas forcément vécu en direct l’épopée des Smiths dans les années 80. Et si les morceaux présents sur cette compilation ne sont pas forcément ses plus connus, ils n’en portent pas moins de manière irréfutable la patte de Morrissey : des paroles à la fois mélancoliques et sardoniques, chantées d’une voix simultanément puissante et plaintive. Le tout servi par des collaborations haut de gamme (Chrissie Hynde, chanteuse des Pretenders, sur Shame is the Name) et surtout par une production prestigieuse, assurée tantôt par Gustavo Santaolalla (compositeur de la musique du film d’Ang Lee Brokeback Moutain), tantôt par Tony Visconti, producteur dans les années 70 des plus grands noms du glam-rock, notamment T. Rex et David Bowie. Bowie, dont Morrissey reprend ici le Drive-In Saturday de 1973, bouclant la boucle par cet hommage à un artiste et à un genre qu’il a toujours affectionnés.

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