100228_3Troisquestions...imStephen Karon est chargé de projet en prévention gay pour Keep Smiling, association pour la prévention des risques en milieux festifs.

Où en est actuellement la recherche sur cette nouvelle stratégie de prévention du VIH qu’est la prophylaxie pré-exposition (PrEP) ?
Deux essais sont aujourd’hui terminés, mais ils n’ont pas été concluants : ils ont indiqué une tendance, mais rien qui permette de conclure formellement et scientifiquement à l’efficacité de la PrEP chez l’homme. Cependant, chez l’animal, un taux de protection encourageant est d’ores et déjà démontré.

Doit-on craindre que la PrEP favorise une augmentation des pratiques à risques ?
La réalité est qu’aujourd’hui, certains gays ont des pratiques à risques et il est important de pouvoir leur proposer des solutions nouvelles afin de réduire les risques d’infection. Il n’y aura pas d’augmentation des pratiques à risques si la communauté comprend les limites des stratégies de prévention partielle. Mais la PrEP n’est pas là pour remplacer l’utilisation du préservatif.

N’y a-t-il pas un risque que la PrEP soit surtout mise en avant par les laboratoires pharmaceutiques pour s’assurer des profits colossaux ?
Les labos voient en effet la PrEP comme un marché potentiel. Les enjeux économiques sont donc réels. Mais cela n’invalide pas pour autant la stratégie scientifique, qui semble l’une des plus prometteuses parmi les nouvelles stratégies de prévention à étudier aujourd’hui. Les questionnements éthiques soulevés par la PrEP sont nombreux, mais ne doivent pas faire oublier que la priorité est d’endiguer la progression de l’épidémie.

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