AIDES, l’une des plus importantes associations françaises de lutte contre le sida, craint une baisse de ses subventions pour 2010 : le ministère de la Santé conteste.

3 - AIDES

Si d’aventure, le 7 avril dernier, vous étiez venus chercher des conseils, des informations ou des préservatifs dans les locaux rhodaniens de AIDES, vous vous seriez heurtés à une porte barrée de sparadraps géants semblables à ceux que l’on peut voir traditionnellement aux abords d’une scène de crime. L’analogie n’a d’ailleurs rien de fortuit, puisque par cette journée «portes fermées» menée conjointement dans les soixante-dix délégations françaises de AIDES, les militants de l’association entendaient dénoncer rien moins que «la mort de la lutte contre le sida». En cause : la baisse de 700 000€ des crédits qui leur sont alloués chaque année par l’État afin de mener des actions de prévention, notamment à destination de deux catégories de population particulièrement exposées au VIH : les gays et les migrants. Cette baisse de crédits intervient dans le cadre d’importants transferts de compétence des Groupements Régionaux de Santé Publique (GRSP) aux toutes nouvelles Agences Régionales de Santé (ARS), mises en place le 1er avril et dont l’une des missions est justement le financement de la prévention du VIH. D’où le slogan choisi par AIDES pour cette journée de mobilisation : «naissance des ARS, mort de la lutte contre le sida». Les responsables associatifs sont d’autant plus en colère contre cette annonce que la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait promis, le 23 décembre dernier, que les crédits en faveur de la lutte contre la pandémie ne diminueraient pas. Une affirmation d’ailleurs maintenue par les services de l’État : joint par téléphone, un conseiller de la ministre affirme que les crédits globaux affectés à la prévention sont en augmentation de 12% (62 millions en 2010 contre 55 millions en 2009) ; sur cette somme, la moitié environ est déléguée à l’échelon régional. Le ministère reconnaît que la somme allouée à l’association au 31 mars 2010 est inférieure à celle de 2009 (6 millions d’euros contre 6, 7 l’an dernier), mais explique qu’il ne s’agit que d’un premier budget prévisionnel, que AIDES a encore la possibilité de déposer des projets auprès des ARS (donc de recevoir des financements) et que, sur l’année pleine 2010, les subventions qui lui seront accordées dépasseront certainement celles de 2009. Il faudra donc, dans les mois qui viennent, surveiller de près cette affaire en espérant que les pouvoirs publics tiendront parole.

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