100704_3troisquestions...imMaître Sandrine Rodrigues est l’avocate de Saïd.

Pourquoi ne pas avoir demandé l’annulation de l’Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) dès sa réception ?
J’avoue que j’ai du mal à comprendre cette décision. L’avocat précédent de Saïd n’a demandé l’annulation de l’OQTF que lorsqu’il a été placé en rétention, le 7 juin, mais le délai était alors dépassé et le tribunal administratif, comme on pouvait s’y attendre, a rejeté sa demande et l’a jugée irrecevable sans même en examiner le fond.

Vous attendiez-vous à ce que la demande d’asile de Saïd soit acceptée ? 
Non, parce que c’est extrêmement rare. Quand la personne qui fait la demande d’asile est déjà en centre de rétention, sa requête est examinée de façon prioritaire, autrement dit un peu expéditive… Il existait certes déjà un précédent : un autre homosexuel algérien qui avait également obtenu le statut de réfugié depuis le centre de rétention de Bobigny. Mais chaque histoire est différente. Ce qui a été déterminant dans le cas de Saïd, c’est l’exposé en détail des menaces qui pesaient sur sa vie en cas de retour en Algérie.

Que va-t-il advenir de Saïd maintenant qu’il a obtenu le statut de réfugié ?
Ce statut le place sous protection des autorités françaises ; il a obtenu de plein droit une carte de résident valable dix ans et il peut également demander très rapidement la nationalité française, sans condition de résidence. Mais même si le statut de réfugié lui avait été refusé, je pense que la préfecture aurait réexaminé son cas au regard de l’intensité manifeste de sa vie privée et familiale en France.

Un Réponse à “Trois questions à… Sandrine Rodrigues”

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