100918_Sanstitre1La discographie de Nina Hagen est à peu près aussi incompréhensible que son parcours. Et si le message de ses disques semble parfois abscons, elle s’est toujours fait un plaisir d’en expliquer le contenu, quitte à utiliser sa plus belle arme, la provocation. Cela explique pourquoi elle reste davantage connue pour ses scandales et ses exubérances que pour son incroyable capacité vocale à couvrir trois octaves. Un seul de ses titres est devenu un tube, African Reggae (1979), un hymne anti-excision sur fond de rythmes roots et de chants tyroliens. En revanche, chacune de ses apparitions médiatiques est restée célèbre, notamment son cours d’éducation sexuelle au féminin, durant lequel elle mimait la masturbation sur un plateau télé… Le tapage que suscitent ses prestations a toujours été au service de ses nombreux engagements et Nina Hagen est très vite passée du statut de chanteuse à celui de symbole : celui de la contre-culture, du féminisme… Elle est même devenue aujourd’hui une icône queer, milite pour les droits des homosexuels et flirte avec la culture gay. Au début des années 80, celle que la presse avait surnommée, un peu hâtivement, “la reine-mère du punk” opère un changement radical, devient mystique, se convertit au bouddhisme, converse avec Dieu et voit des ovnis partout. En 1981, elle prénomme son premier enfant Cosma Shiva (ça ne s’invente pas) et sort en 2000 un album de mantras (formules de méditations bouddhistes aux sons lancinants et répétitifs). Le mélange des genres ne s’arrête pas là : elle devient jury de la Nouvelle Star allemande et collabore avec le groupe de metal finlandais Apocalyptica pour une reprise d’un titre de Rammstein. Aujourd’hui, à l’âge de 55 ans, Nina est devenue protestante et traite de sa rencontre avec Dieu sur Personal Jesus, son douzième album solo qui comprendra notamment une reprise de la chanson homonyme de Depeche Mode (sortie prévue pour septembre). «Jésus, c’est rock !», dit-elle. Pas complètement out mais franchement illuminée.

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