AIDES tient son congrès national bi-annuel du 17 au 19 juin à Villeurbanne : l’occasion de débattre des dernières évolutions en matière de prévention contre le sida.

Jean-Paul Godeau, président de la délégation AIDES pour l’Ain et le Rhône, compte et recompte ses invités : «il y aura les adhérents et militants, bien sûr, mais on attend aussi la secrétaire d’État à la Santé Nora Berra, le directeur de l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS) Jean-François Delfraissy, des responsables politiques régionaux et nationaux…». Tout ce petit monde se retrouvera à l’espace Double Mixte durant le week-end où se tiendra la Marche des Fiertés LGBT.

La coïncidence n’est sans doute pas tout à fait fortuite, car chez AIDES, «on considère que l’égalité des droits entre homos et hétéros et la lutte contre l’homophobie contribuent à faire reculer l’épidémie de VIH». Reste que ces trois jours seront essentiellement consacrés à la réflexion autour de la situation des malades et des nouvelles pistes qui se profilent en matière de prévention. «Ce qui nous préoccupe le plus actuellement, c’est la remise en cause du droit d’accueil pour les malades étrangers. On les envoie à la mort, surtout lorsqu’ils sont gays ou lesbiennes et que la législation de leur pays d’origine réprime l’homosexualité. Nous souhaitons, avec ce congrès, interpeller une nouvelle fois l’État et les collectivités locales sur ce sujet».

Un nouvel espoir ?

Le bilan des deux dernières années comprend tout de même quelques points positifs, parmi lesquels «le travail mis en place avec les Agences Régionales de Santé (ARS) et la stabilisation de nos financements». Mais la vraie bonne nouvelle, ces derniers mois, est venue du côté des antirétroviraux (ARV), dont plusieurs études récentes ont montré qu’ils pouvaient être, non pas seulement un traitement améliorant la vie des malades, mais aussi un outil de prévention. L’une d’elle, rendue publique le 13 mai, affirme qu’un séropositif traité aux ARV immédiatement après sa contamination diminue les risques de transmettre le VIH à son partenaire sexuel de… 97%.

Même si Jean-Paul Godeau souhaite désormais «dépasser le seul stade de l’essai pour se diriger vers une mise en place à une échelle beaucoup plus importante», reste à convaincre les pouvoirs publics de l’efficacité de cette stratégie axée sur les ARV. C’est pourquoi, à partir de la rentrée, Lyon fera partie des trois villes (avec Paris et Québec) retenues pour un nouvel essai (l’Intervention Préventive de l’Exposition aux Risques avec et pour les gays, ou IPERGAY) mené par l’ANRS, visant à administrer un traitement antirétroviral de façon préventive à des gays ayant des pratiques sexuelles à risques.

 

Photo : Bruno Spire, président de l’association, lors du congrès d’AIDES à Paris en juin 2010 © DR

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