120129_..multimediaarticles11092916musiqueimFangscopyrightKatMcDonaldFangs («crocs» en anglais), après trois ans de scène, sort enfin un premier album, Automatic Rock’n’Roll, qui s’aventure hors des sentiers battus et propose une magistrale cohabitation de genres musicaux. Puristes de l’électro-punk, ramassez-vos dents !

L’histoire de Fangs commence en 2008, lorsque Queen et Mark, les deux membres du combo Motormark, décident de saborder leur groupe et de s’adjoindre les services de deux autres musiciens, Jojo et Lloyd. Chacun amène au projet un univers musical différent ; Fangs devra donc faire cohabiter en son sein Sid Vicious avec Freddy Mercury, Le Tigre avec Elvis Presley ou le Dj James Holden avec Johnny Cash… Même pas peur ! Cette musique incisive, mélange de punk glamour et de rock musclé très queer, est très vite repérée par un autre groupe écossais, Franz Ferdinand, qui invite la jeune formation à partager à partager la scène à ses côtés. Quelques premières parties plus tard (Justice, Santigold), un premier album, Automatic Rock’n’Roll, voit le jour en septembre 2011. Look de vampire, teint blafard, cheveux décolorés, punk attitude et mascara : Fangs pratique à l’évidence le mélange des genres. Et si ce premier opus n’a pas été enregistré, comme on pourrait le penser, dans un squat sombre d’un Glasgow pluvieux, mais bel et bien sous le soleil de la Côte-d’Azur, il n’en reste pas moins un disque radical et alternatif.

Fangs sort enfin ses croc

Signé sur le label indépendant bordelais Platinum Record, Automatic Rock’n’roll contient treize titres nerveux qui brassent beaucoup, qui agacent autant qu’ils excitent. Fangs rêve de mettre le foutoir et c’est plutôt réussi : le chant casse les mélodies au profit d’un phrasé taquin, martèle toutes les paroles et remplit les blancs, ne laissant aucune seconde de repos à l’auditeur. Soit les bonnes vieilles techniques de l’électroclash, qui ne sont pas sans rappeler Miss Kittin ou Peaches… Electro-punk-rock, voilà donc pour la classification générale ; mais il faut s’attendre à bien plus que ça. Car nos Écossais, qui n’ont visiblement fait qu’une bouchée des influences new-wave anglaises, s’amusent avec les grosses ficelles de la house et salissent délibérément le moindre son. Ce goût pour la transversalité des genres évite à Fangs de tomber dans l’écueil du minimalisme qui caractérise souvent l’électro-punk. Et pour mieux prendre son public à rebrousse-poil, le combo cultive aussi la grandiloquence, entretient son appétence pour le rouge à lèvre et la mise en scène façon T. Rex. La scène, c’est justement son bastion : même si Automatic Rock’n’Roll est un disque de bonne facture, Fangs est l’archétype même du groupe né sur scène et non dans un studio. La preuve, le 8 octobre au Sonic, où les quatre affreux jojos ouvriront la saison des festivités du collectif Middlegender.

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