SONY DSCLyon, Paris et bientôt Québec accueillent en ce début d’année un essai de recherche biomédicale visant à tester l’efficacité d’une nouvelle stratégie de prévention du sida : la Prep.

Pourra-t-on un jour réduire les risques de contracter le sida à l’aide d’une simple pilule ? Telle est la question à laquelle devra tenter de répondre l’essai baptisé «Intervention préventive de l’exposition aux risques avec et pour les gays», ou Ipergay. Soutenu par l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), il a été lancé début janvier à Lyon, Paris et prochainement Québec (Canada). Il s’adresse à des hommes ayant des rapports à risques (au moins deux au cours des six derniers mois) avec d’autres hommes, qu’ils soient gays ou hétéros-curieux, et s’étalera sur trois ans. Les volontaires seront répartis en deux groupes : le premier se verra administrer un placebo, le second un médicament antirétroviral habituellement prescrit aux séropositifs, le Truvada®. Fin 2010, les résultats de l’essai international iPrEx avaient semblé indiquer que la prise en continu d’antirétroviraux réduisaient le risque de contamination par le sida (avec des taux de protection pouvant monter jusqu’à 92% chez les personnes observant strictement leur traitement). Ipergay, pour sa part, se penchera sur l’efficacité d’un traitement non pas continu, mais «à la demande», en fonction des prises de risques envisagées par le volontaire lui-même (avant un week-end d’escapades coquines dans les saunas de la capitale, par exemple).

2000 volontaires attendus

L’essai vise avant tout à responsabiliser les participants, qui se verront offrir un accompagnement et un suivi réguliers, dans le but de bâtir avec eux une stratégie globale de prévention. Pour les organisateurs d’Ipergay, la prophylaxie pré-exposition (ou Prep), c’est-à-dire la prise d’antirétroviraux de façon préventive, ne remplacera en effet jamais le préservatif ou le dépistage régulier. Elle ne constitue qu’un outil supplémentaire, et non alternatif, pour lutter contre l’épidémie de sida et cherche à prendre en compte la difficulté qu’éprouvent de nombreux gays à utiliser un préservatif à chaque rapport, tout au long de leur vie sexuelle. Sur le terrain, l’ANRS a confié le recrutement des participants à l’association AIDES, qui espère mobiliser, sur les trois villes où l’essai est proposé, 300 volontaires la première année et 2000 au total sur trois ans. Pour cela, une campagne d’affichage sera lancée le 6 janvier dans les établissements et media gays parisiens et lyonnais ; une réunion publique d’information, en partenariat avec les associations LGBT locales, sera également organisée en janvier à Lyon. Les résultats de l’étude, eux, ne seront connus qu’en… 2015 au plus tôt.

www.ipergay.fr

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