120320_12011216musiqueimLa punkette tUnE-yArDs délaisse un temps le do it yourself pour remettre au goût du jour les relations musicales entre le rock et l’Afrique.

C’est toujours la même chanson : quand on pense que le rock a tout dit, tout fait, tout essayé, il prend soudainement une nouvelle forme. Comme la longueur de la frange, lui non plus ne coupe pas à la mode du moment, même lorsque celle-ci constitue plus un revival qu’une véritable innovation. C’est ainsi que les sonorités africaines connaissent actuellement un regain de popularité auprès de groupes qui ne font finalement que rajeunir avec efficacité et talent une bonne vieille recette musicale, déjà utilisée par bien des briscards du rock’n’roll. Parmi ces nouveaux adeptes, citons notamment Frànçois & the Atlas Mountains, Vampire Weekend ou encore Merrill Garbus, alias tUnE-yArDs. Cette Américaine originaire de la Nouvelle-Angleterre, sur la côte nord-est des États-Unis, apporte justement, dans son dernier album paru en avril 2011 (whokill) et dans sa tournée française programmée en ce début d’année, la touche alternative qu’il manquait au Vampire. Mais qui dit alternatif dit forcément moins «grand public» que ses compatriotes : ô cruelle injustice ! tUnE-yArDs n’a pourtant pas été signée sur un petit label de potes punks, bien au contraire. Son premier album, BiRd-BrAiNs, avait attiré l’attention de 4AD, label anglais qui essaye depuis plus de trente ans de nous faire croire qu’il est alternatif, alors qu’il n’en est rien : signer chez 4AD, c’est définitivement la classe !

«Je suis amoureuse d’une terre sauvage»

Malgré cette mise en lumière prestigieuse, Merrill Garbus poursuit sa route en toute discrétion. Si le public tarde encore à lui montrer de la reconnaissance, les critiques sont aujourd’hui unanimes, à juste titre. Pour whokill, Merrill Garbus a délaissé la production low-fi et faite maison dont elle avait usé et abusé sur son premier disque et qui gâchait un peu l’écoute. Elle fait preuve dans ce nouvel opus d’une diversité musicale brillante, mise en valeur par une production très pro, où alternent avec subtilité rythmes tribaux effrénés, worldbeat, folk, berceuses et bricolages en tout genre. A contrario, l’unité de whokill passe par son chant, une des pièces centrales du projet tUnE-yArDs : une voix androgyne, voire véritablement grave et masculine sur certains titres, constamment influencée par la sonorité ou le débit des chants africains. Ayant vécu en Afrique, Merrill Garbus est pleinement transcendée par la musique noire et sait l’allier avec intelligence avec toutes les variations du rock. Et pour la leçon de mise en transe, c’est sur scène que tout se passe.

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