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Plusieurs mouvements contraires traversent August, film à l’esthétique résolument sereine, très posée, très cadrée, comme s’il fallait contenir ainsi le trop-plein de ce qui se joue à l’écran, cet amour qui va et vient sans se stabiliser jamais, ce flux et reflux du désir. Mouvements de reins des (très beaux) comédiens lors de leurs étreintes. Mouvements des sentiments aussi, qui n’en finissent pas de se contredire et de s’exalter, je t’aime moi non plus incessant, à contrecœur parfois, à contretemps souvent. Mouvements dans l’espace enfin (surtout ?) puisque August commence par un retour et s’achève sur un départ. August est donc comme un ballet où tout se meut en permanence entre Troy, fraîchement débarqué de Barcelone, Jonathan, son ex-amant resté à Los Angeles, et Raul, nouveau boyfriend de ce dernier. Troy tente de reconquérir Jonathan, celui-ci résiste, et puis non, et puis Raul reprend la main, et puis… La danse révèle les caractères, les aspirations, les forces et les faiblesses de chacun. La danse est cruelle mais irrésistible. On s’y laisse embarquer sans réticence, tant ce qui est pointé ici est juste, intense, touchant. Quant à la mise en scène, elle est d’une magnifique précision.

August, de Eldar Rapaport (États-Unis), avec Murray Bartlett, Daniel Dugan, Adrian Gonzalez…
Dimanche 15 avril à 21h30 au cinéma Le Club, 9 bis rue du Phalanstère-Grenoble / 06.88.70.75.64
www.vuesdenface.com

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