Rencontre avec deux jeunes gays de Tunisie qui témoignent des difficultés à vivre leur homosexualité, même après la chute de la dictature de Ben Ali.

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Wahid*, vingt-huit ans, habite à Sousse, en Tunisie, une ville portuaire sur le golfe d’Hammamet, à 140 kilomètres de la capitale Tunis. Comme beaucoup de ses compatriotes du même âge, il vit de plusieurs petits boulots à la fois, notamment dans les secteurs touristique et informatique. Les rencontres, il les fait par Internet ou en se baladant le long de la corniche qui longe le littoral, l’un des rares lieux relativement friendly de la ville. «Il n’y a pas d’endroit pour les homos en Tunisie et la vie gay est devenue très compliquée depuis la chute de Ben Ali», déplore-t-il. Il faut dire que le nouveau gouvernement, dominé par le parti islamiste Ennahda, ne cache pas son opposition résolue à l’homosexualité, qualifiée en février dernier de «perversion» devant être «traitée médicalement» par le ministre… des Droits de l’Homme !

À une vingtaine de kilomètres de là seulement, sur la presqu’île de Monastir, Julien*, dix-sept ans, est un fils d’expatriés français qui a toujours vécu en Tunisie. Son premier copain était Tunisien et leur relation était connue et acceptée de leurs deux familles. Preuve que les sociétés arabes post-révolutionnaires peuvent parfois s’avérer plus tolérantes que ne se le figurent les représentations occidentales, même si Julien reconnaît que l’ouverture d’esprit dont ont fait preuve leurs parents est encore trop peu répandue dans les mentalités tunisienne… et française.

 

* Les prénoms ont été modifiés.

 

Photo : couverture du deuxième numéro de Gayday, le premier magazine gay de Tunisie, lancé en mars 2011

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