Le Collectif lesbien lyonnais profite de la Quinzaine des Cultures LGBT pour promouvoir la santé lesbienne rappeler que les homosexuelles ne sont pas à l’abri des infections sexuellement transmissibles.

Une nouvelle thématique a fait cette année son apparition dans le livret officiel de la Quinzaine des Cultures LGBT, paru début mai et disponible notamment auprès du Forum Gay et Lesbien (17 rue Romarin-Lyon 1) : la santé lesbienne. Le mérite en revient au Collectif lesbien lyonnais, né il y a un peu plus de deux ans mais constitué officiellement en association depuis octobre seulement. Il compte actuellement une quarantaine d’abonnées à sa mailing-list (collectif.lesbien@gmail.com) et de quinze à vingt militantes (la non-mixité est ici la règle) en réunion de travail.

Si, par souci d’indépendance, il n’a pas souhaité rejoindre la Lesbian & Gay Pride de Lyon (le regroupement d’associations qui organise notamment chaque année la Marche des Fiertés LGBT), les deux structures travaillent en bonne intelligence et c’est ainsi que le Collectif a rédigé dans le livret officiel de la Quinzaine une page visant à promouvoir la santé lesbienne ou, plus exactement, celle des Femmes ayant des rapports sexuels avec des Femmes (FSF).

Une brochure pour pallier le déficit d’information

Beaucoup reste à faire en ce domaine car les lesbiennes elles-mêmes manquent souvent d’information. La sexualité entre femmes a longtemps été minimisée (en particulier par les médecins), comme si il ne pouvait y avoir de rapport sexuel sans qu’un pénis soit impliqué dans l’affaire. Cette vision est si profondément intériorisée que certaines lesbiennes se pensent à l’abri de toute infection sexuellement transmissible (IST), au point de négliger un suivi gynécologique qui est pourtant indispensable à toute femme, et pas seulement aux hétérosexuelles.

Pour tenter de pallier ce déficit d’information, l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (INPES), un organisme dépendant du ministère chargé de la Santé, a édité en octobre une brochure joliment baptisée Tomber la culotte. Le Collectif a non seulement participé à la rédaction de ce document d’une quarantaine de pages (le premier du genre en France) mais a également contribué à le faire connaître à Lyon, notamment à travers des soirées de présentation dans des lieux de convivialité lesbienne de la Presqu’île (le bar Le Domaine et la discothèque Le Marais).

La brochure s’est écoulée très rapidement et le Collectif espère désormais convaincre l’INPES de procéder à une réédition qui, si elle a lieu, n’interviendra pas avant novembre. En attendant, ses militantes n’entendent pas rester les bras croisés : elles organisent ainsi, à l’occasion du Buffet inaugural de la Quinzaine des cultures LGBT et en partenariat avec les associations Chrysalide et Rimbaud, une exposition sur les émeutes de Stonewall à New-York en 1969.

 

Illustration : shunga (gravure érotique japonaise) de Hokusai (1760-1849) représentant un couple de femmes, vers 1814 © DR

 

 

Le mythe Victoria

La minoration de la sexualité lesbienne ne date pas d’hier. Un mythe populaire veut ainsi que si le lesbianisme, contrairement à l’homosexualité masculine, a échappé à la criminalisation dans l’Angleterre victorienne, c’était parce que sa Gracieuse Majesté ne pouvait se représenter ce que deux homosexuelles pouvaient bien faire entre elles… En réalité, il est probable que l’anecdote soit apocryphe : le journaliste anglais Matthew Sweet note ainsi qu’à l’époque où les faits sont sensés s’être produits (à la fin du XIXe siècle), la reine n’avait déjà plus le pouvoir de s’opposer à la volonté du Parlement.

www.collectif-l.blogspot.com

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