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Céline Dion

Chaque mois, un expert répond aux questions que vous vous posez sur l’homosexualité et le genre.

La bonne nouvelle, Raymond, c’est que l’on connaît aujourd’hui (pour ce qui est de la médiocrité musicale au moins) une vraie égalité entre hommes et femmes : la musique dans les bars et night-clubs lesbiens est aussi mauvaise que celle diffusée chez les établissements gays ! Car les homosexuels ne connaissent pas le rock et, comme souvent, tout part de la tendre enfance et de cette fameuse histoire d’identification. La figure hétéro-bastonneur du rockeur n’intéresse pas le jeune garçon gay encore dans le placard. Il préfère rêver en secret du grand soir, de cette fabuleuse revanche sur la vie où tout ne sera que plumes et paillettes. Le gay se projette plus sur la figure de Céline Dion que sur celle de Kurt Cobain. Cette vilaine jeune fille québécoise, moquée, en qui personne ne croyait et qui aujourd’hui fait trembler Las Vegas, c’est lui, c’est notre jeune gay mal dans sa peau ! Les homos sont les seuls à n’avoir jamais su jouer Come As You Are à la guitare. En revanche, s’attaquer à My Heart Will Go On lors d’un karaoké ne leur fera jamais peur. Le gay va donc passer sa vie entière sans guitare saturée ni rock’n’roll. Le genre sera très vite remplacé par un autre : l’ÉHI, ou Électro-House-Insignifiante. Pourquoi les homos aiment tant l’ÉHI ? En premier lieu parce qu’ils n’ont pas le choix, tous les lieux de nuit gays ne diffusant que ça. Le rockeur Eddy Mitchell s’est d’ailleurs posé la question avant toi, Raymond. Lorsque le journaliste Bertrand Rocher lui a demandé si l’électro était, à ses yeux, une musique de pédé, il a répondu : «attention, j’ai juste répété ce qu’un célèbre Dj m’a expliqué ; à savoir que la techno était une musique qui pénétrait par l’anus. Une histoire de basses sans doute. D’où le succès chez les homos et les gonzesses. Les hétéros, les vrais, ça les gênerait plutôt». Mais comment reconnaître de l’ÉHI ? L’ÉHI, c’est lorsque l’on est dans un bar gay et que l’on a l’impression que c’est le même titre qui passe en boucle depuis le début de la soirée sans pouvoir pour autant retenir la moindre parole. Et attention, car l’ÉHI passe souvent par le remix. Qui n’a jamais connu cette frustration, lorsque l’on sirote son verre surtaxé dans un bar gay ou lesbien, de reconnaître l’intro d’un morceau que l’on aime et… «boom, boom, boom», d’entendre surgir le remix en ÉHI ? On pense nécessairement au plus grand désastre qu’il soit : Sinnerman de Nina Simone, défiguré par Felix da Housecat. Alors, comment s’en préserver sans pour autant aller dans des pubs hétéros et subir U2 ? Avec des bouchons d’oreilles, tout simplement.

Pr Guillaume Ophobe, spécialiste des questions LGBT

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Un Réponse à “Pourquoi la musique dans les bars gay est-elle si nulle ? (Raymond, 34 ans, Grenoble)”

  1. Alex

    Félicitations. Votre article est un beau condensé de vulgaires clichés et prouve un manque flagrant de culture. Par ailleurs, vous avez un drôle de nom pour quelqu’un qui traite des questions sur l’homosexualité (si l’on peut appeler ça des questions). Mon conseil sera donc bref et concis : trouvez-vous un pseudo et postulez chez Voici. Tout le monde y trouvera son compte.

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