Le festival Face à Face invite Denis d’Arcangelo à se produire à la Comédie de Saint-Étienne sous les traits de son personnage fétiche, Madame Raymonde.


 

madame raymonde  Denis d’Arcangelo copyright philippe crochard

 

Ceux qui ont vu Les Nuits fauves de Cyril Collard (1992) connaissent déjà, peut-être sans le savoir, Denis d’Arcangelo : le chanteur «réaliste», traveloté et insolent, qui parvenait à faire reprendre en chœur Mon Homme d’Édith Piaf à toute l’assemblée d’un bar, c’était lui. Sa venue à Saint-Étienne dans le cadre de l’édition 2012 du festival Face à Face devrait permettre de constater que, vingt ans plus tard, le comédien n’a rien perdu ni de sa gouaille ni de sa passion pour la chanson populaire à l’ancienne. Sous l’ample robe à pois ou à motifs imprimés façon «tapisserie» de Madame Raymonde, il donnera un récital de son cru, accompagné de son fidèle «zèbre» (Sébastien Mesnil à l’accordéon). Les morceaux, au titre évocateur (C’était une Brésilienne sans bas, Je suis décadente, Tu m’as possédée par surprise…), chantent les amours plébéiennes et les liaisons interlopes du petit peuple de la capitale ou d’ailleurs. «Madame Raymonde», c’est aussi le nom de la prostituée incarnée par Arletty (dont Denis d’Arcangelo s’est inspiré) en 1938 dans Hôtel du Nord de Marcel Carné. C’est elle qui déclame la célèbre réplique «atmosphère ? Atmosphère ? Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?» face à Louis Jouvet. Sur ce point, nul ne doute que Madame Raymonde saura recréer sur les planches du théâtre Jean Dasté l’atmosphère des faubourgs parisiens qu’elle affectionne tant.

Photo © Philippe Crochard

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