Alors que les opposants au mariage et à l’homoparentalité donnent de la voix, le gouvernement montre sur ce sujet d’inquiétants signes d’hésitation.

François Hollande, alors candidat aux primaires socialistes, avait prévenu dès octobre 2011 : «attention, ce ne sera pas si simple de faire passer» l’adoption et le mariage pour tous. Et cette prédiction se vérifie en effet chaque jour depuis le début de l’automne. Le 10 septembre, la garde des Sceaux Christiane Taubira avait déjà déçu les associations LGBT en indiquant que le projet de loi présenté en conseil des ministres mercredi 7 novembre (avec une semaine de retard sur le calendrier initialement prévu) n’inclurait pas l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples lesbiens, contrairement aux promesses faîtes par Hollande au magazine Têtu en avril dernier. Un arbitrage confirmé le 10 octobre par le Premier ministre en personne. Même Homosexualités et Socialisme a alors haussé le ton : son président, Denis Quinqueton, a raillé un «engagement quinze et demi» (en référence à l’engagement 31 du candidat socialiste). Les opposants à l’égalité des droits se sont-ils enhardis à cause de ce premier recul ? Toujours est-il que le mois d’octobre a également été marqué par les manifestations de l’Alliance Vita, un mouvement pro-life fondé en 1993 par Christine Boutin, tandis que deux sondages indiquaient que l’adhésion de l’opinion publique au mariage pour tous baissait, celle à l’adoption par les couples homosexuels redevenant même minoritaire, pour la première fois depuis 2004. Enfin, le report d’un mois de la date de présentation du projet de loi devant l’Assemblée nationale (ce sera finalement pour fin janvier) a achevé d’instiller l’inquiétude chez ses partisans.

Les militants rhônalpins mobilisés

Si les grandes fédérations nationales d’associations gays et lesbiennes (Inter-LGBT, Fédération LGBT, Coordination Inter-Pride France) se sont montrées plutôt discrètes dans cette bataille depuis la fin de la période électorale, les associations LGBT rhônalpines, en revanche, se sont mobilisées. À Lyon, plusieurs organisations (dont le Forum Gay et Lesbien, la Lesbian & Gay Pride, ARIS – Centre LGBTI…) se sont rassemblées samedi 26 octobre sur la place des Terreaux à l’appel du Collectif lesbien lyonnais afin d’exiger que le Président de la République tienne ses engagements concernant le mariage, l’adoption, la PMA et la filiation. Au même moment, à Grenoble, des militants gays et lesbiens organisaient une contre-manifestation face au happening organisé par l’Alliance Vita. Plus que jamais, ces derniers entendent désormais faire entendre leur voix, conscients que la victoire de l’égalité des droits est encore très loin d’être acquise.

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