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Yann Wehrling, ancien secrétaire national des Verts, est aujourd’hui porte-parole du Modem. Craignant un risque d’enlisement du débat, il appelle à un vote rapide du projet de loi sur le «mariage pour tous». 

Sur votre blog, vous exprimez une forme d’exaspération sur la manière dont se déroule le débat autour du «mariage pour tous»…
Je ne suis pas contre le débat, mais je trouve qu’il tourne autour de fausses questions et qu’il y a un risque d’enlisement. On crée du doute, là ou il n’y en avait pas au départ. Je pense que le débat aurait du être d’une autre nature. Pour moi, la question à se poser est très simple : a-t-on le droit d’être différent ? Si on avait posé cette simple interrogation, on aurait eu 90% des Français d’accord avec ce projet de loi. En faisant dériver le débat du mariage vers l’adoption, les adversaires de l’égalité des droits agitent des chiffons rouges et jouent sur des fantasmes, comme par exemple l’idée qu’un enfant ne pourrait pas être heureux avec deux pères ou deux mères. Or, on sait évidemment bien que les difficultés que des enfants peuvent éprouver ne sont pas liées au sexe des parents…

Vous évoquez le risque que le projet de loi ne soit pas adopté. Est-ce que une perspective réellement envisageable ?
Je note que les gens qui sont favorables au mariage s’embourbent dans des explications confuses et sont sur la défensive. Les opposants, eux, marquent des points. Il faudrait retrouver une forme de sérénité et de fierté dans ce combat. Pour ce qui est de la réussite du projet de loi, j’ai un peu peur du Parlement, car je me souviens bien de ce qui s’était passé au moment du Pacs. J’espère vraiment que ce texte sera adopté rapidement. Ceux qui plaident pour un «grand débat» veulent en réalité gagner du temps et que les discussions s’enlisent. J’ai la conviction que quand ce texte sera adopté, il y aura des mariages et les choses entreront dans les mœurs rapidement. Il faut passer à l’acte, vite !

Que pensez-vous du refus du gouvernement d’inclure la possibilité pour les couples homos d’avoir recours à la procréation médicalement assistée (PMA) ?
Ils n’ont renoncé à rien puisqu’ils ne l’ont jamais vraiment envisagé. Ce serait pourtant un aboutissement complet et cohérent. Il faut réussir à faire comprendre que dans ce débat, il n’est pas question de donner plus de droits aux couples homos, mais bien les mêmes droits qu’aux couples hétéros.

Vous venez d’une région dans laquelle beaucoup d’élus, y compris de gauche, sont hostiles au mariage et à l’adoption par les couples homos. Sentez-vous une même hésitation de la part de la population ?
J’affirme mes convictions et je rencontre beaucoup de gens. C’est vrai que la question de l’adoption fait un peu patiner le débat. Les gens se posent des questions sur la façon dont un enfant peut grandir avec des couples du même sexe.

Que pensez-vous de la position de François Bayrou, qui s’est toujours exprimé contre l’utilisation du mot «mariage» pour les couples homos ?
Je ne suis pas d’accord avec lui et je lui ai dit. Il pense en effet qu’il faut maintenir le mot mariage pour les couples hétérosexuels. Pour le reste, il est tout à fait favorable à la PMA ou la GPA, car il constate que les choses se font. Il a rencontré des gens qui ont fait de la PMA ou de la GPA à l’étranger et il trouve ça absurde. Sur toutes les revendications LGBT, il est finalement très progressiste. C’est quelqu’un de très pragmatique, au fond. Mais je reste convaincu que, pour le mariage en mairie, le même terme doit être utilisé pour tous les couples.

Au Modem, ce projet de loi fait-il débat ?
On n’a pas fait de sondage. Les avis sont assez partagés, un peu comme dans la société. Avec peut-être une différence d’appréciation sur le mariage, qui pose moins de problème que l’adoption.

www.ywehrling.blogspot.fr

 

Yann Wehrling

_3 juillet 1971_ naissance à Strasbourg
_1988_ adhère aux Verts
_1990-2005_ membre du Conseil national interrégional des Verts
_25 juin 2005_ participe à la Lesbian & Gay Pride de Paris et estime que la France doit «se mettre rapidement à jour» sur la question de l’égalité des droits entre couples homos et hétéros
_2005-2006_ secrétaire national des Verts
_Avril 2008_ exclu des Verts pour avoir figuré en deuxième position sur la liste du Mouvement Démocrate (MoDem) lors des municipales à Strasbourg le mois précédent.
_Novembre 2008_ adhère au MoDem
_Juillet 2009_ membre du bureau exécutif national du MoDem
_depuis septembre 2010_ porte-parole national du MoDem

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2 Réponses à “Mariage pour tous : «passer à l’acte, vite !»”

  1. Marie Guérizec

    Je suis centriste depuis toujours et au MODEM depuis sa création.Je ne suis pas pour le mariage pour tous .Tous ne veulent pas se marier.Comme pour l’église catholique faire l’amour en dehors du mariage serait-il un péché?Le problème du mariage gay est trop restrictif.Il faudrait traiter le problème de la famille dans sa globalité: droit de l’enfant à connaître son patrimoine génétique( pourquoi les enfants nés sous X tiennent tant à retrouver leurs parents biologiques?),la place des parents biologiques, celle des parents adoptifs, du beau-parent dans une famille recomposée, etc….POUR FABRIQUER UN ENFANT IL FAUT 2 PERSONNES DE SEXES OPPOSÉS , PMA ou pas PMA ! Pourquoi refuser à l’enfant le droit de connaître son 2e parent biologique?Pourquoi ne pas reconnaître la tri-parentalité, les 2 parents homosexuels et le parent biologique annexe?On ne peut pas dissocier le mariage et l’adoption car le mariage c’est fonder une famille.

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    • Romain Vallet

      « Tous ne veulent pas se marier » : tous les hétérosexuels non plus ne veulent pas se marier, ce n’est pas pour autant qu’il faut en empêcher ceux qui le désirent…
      « Faire l’amour en dehors du mariage serait-il un péché ? » : non, en revanche, l’impossibilité de se marier engendre pour les couples homosexuels une plus grande insécurité juridique, notamment en cas de décès de l’un des partenaires.
      « Pour fabriquer un enfant, il faut deux personnes de sexes opposés, PMA ou pas PMA » : plus précisément, pour fabriquer un enfant (enfin, un embryon qui deviendra plus tard un enfant…), il faut un spermatozoïde et une ovule. C’est une porte ouverte que les opposants adorent enfoncer régulièrement à grands coups de sabot, mais que personne ne conteste. Mais il me semble que vous confondez procréation et filiation. Si les deux se recoupent dans bien des cas, ce sont deux notions différentes, l’adoption est là pour le prouver.

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