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Depuis lundi, la nouvelle de la renonciation du pape Benoît XVI a fait le tour du monde. Quel bilan peut-on faire de son pontificat sur les questions LGBT ?

BenoitXVISouvent qualifié de «pape homophobe» par les associations gays et lesbiennes, Benoît XVI n’a en effet eu de cesse de dénoncer l’homosexualité. En témoigne la publication d’un livre intitulé La Lumière du monde en novembre 2010. Il y prône le respect des personnes homosexuelles : «en tant qu’êtres humains, [les homosexuels, NdlR] méritent le respect […], ils ne doivent pas être rejetés à cause de cela». Mais deux phrases plus loin, il précise néanmoins que les pratiques homosexuelles ne peuvent être tolérées : «cela ne signifie pas que l’homosexualité soit juste pour autant. Elle reste quelque chose qui s’oppose à l’essence même de ce que Dieu a voulu à l’origine».

Il engage également une lutte contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Lors de son discours pour la Journée mondiale de la Paix, le 1er janvier 2008, il déclare que

«tout ce qui contribue à affaiblir la famille fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme, ce qui directement ou indirectement freine sa disponibilité à accueillir de manière responsable une nouvelle vie, ce qui entrave son droit à être la première responsable de l’éducation des enfants, constitue un obstacle objectif sur le chemin de la paix».

Il poursuit en mai 2010, lors d’un discours à Fatima au Portugal : «les initiatives qui ont pour but de sauvegarder les valeurs essentielles et premières de la vie, dès sa conception, et de la famille, fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme, aident à répondre à certains des défis les plus insidieux et les plus dangereux qui aujourd’hui s’opposent au bien commun».

Le 9 janvier 2012, il récidive :

«les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l’avenir même de l’humanité».

Cette phrase est élue «la pire déclaration homophobe de l’année» par les lecteurs du site communautaire LGBT Yagg.com. Mais le pape ne s’arrête pas là. En décembre dernier, il profite d’un discours à l’occasion de la présentation des vœux de Noël à la Curie romaine pour assurer, que tout mariage qui ne serait pas conformes aux canons l’Église entraînerait la chute de l’Humanité : «avec le refus de ce lien [le mariage traditionnel, NdlR] disparaissent aussi les figures fondamentales de l’existence humaine : le père, la mère, l’enfant ; des dimensions essentielles de l’expérience du fait d’être une personne humaine tombent».

Alors qu’il quittera officiellement ses fonctions le 28 février prochain, Benoît XVI a manifesté encore une fois son opposition au «mariage pour tous» le 1er janvier 2013, à l’occasion de la Journée mondiale de la Paix :

«cette action [contre «le mariage pour tous», NdlR] est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix».

Ces attaques fréquentes contre les droits des personnes homosexuels s’accompagnent de déclarations polémiques concernant le préservatif. Le 17 mars 2009, alors qu’il répondait aux questions de journalistes pendant un voyage en Afrique, le pape avait aussi estimé :

«on ne peut pas résoudre ce fléau [le VIH, NdlR] par la distribution de préservatifs : au contraire, ils augmentent le problème».

Toutefois, il nuance sa déclaration un an après et admet que le préservatif peut être utile «dans certains cas», notamment pour luter contre le sida.

Benoît XVI va quitter prochainement le pouvoir papal. Pas sûr que son successeur soit plus tolérant.

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2 Réponses à “Benoît XVI : un croisé contre le «mariage pour tous»”

  1. José Panchak

    Le Pape n’a pas de vocation à la polémique et celle de prendre notre place. Il se doit d’être le gardien du message du Christ et en tant que tel ne peut s’adapter au modèle de la pensée unique véhiculée par les médias et les politiques. Il a pourtant profondément, comme ses prédécesseurs, modifié la communication de l’Église Chrétienne et nous ne pouvons en vouloir à cet homme qui pourrait être mon Père, d’être totalement lucide sur des faits de sociétés dont il est profondément éloigné de par sa fonction, de par ses conseillers et la Curie. Avec les éléments dont il dispose et l’intelligence et la Foi qui le prédispose, je crois qu’il apporte des ouvertures à notre monde, avec tempérance et générosité. Un exemple avec le préservatif, il exprime sa désapprobation et celle de l’Église, comment pourrait-il en être autrement. Pour ma part je considère qu’il a raison, ça peut servir dans certains cas qui doivent être rares, car en effet, il parle d’AMOUR, du Divin et de l’humain, pouvons-nous considérer que ce l’Amour soit totalement infidèle et souillé de perversité? Pour moi, non, certes dans mon entourage, il se fait rage de sexes et d’alcool et si un temps j’ai « expérimenté » rapidement cette vie, elle ne me convient pas par besoin d’équilibre. Alors oui le Pape exprime, oui je suis d’accord avec certaines de ses pensées et de ses expressions et non, je ne suis pas d’accord avec d’autres et j’appelle ça un comportement démocratique. J’assume la différence des autres et la mienne, j’assume le droit à la différence mais je ne fait pas le yoyo et je n’assume pas l’inverse ensuite. Donc pour ce droit à la différence entre les individus, je pense qu’il est bon de choisir d’autres mots pour parler de mariage et pour moi ce mot me renvoi à l’église et à des connotations péjoratives et enfermées dont je ne peut être caution. Ma parole a plus de valeur que le consentement d’un maire et d’un tampon sur un papier pour exhibitions. Mes droits je les ai et nous les avons, par le PACS par exemple et avec le notaire. Cordialement, José

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