La troisième édition du festival grenoblois Les Détours de Babel a pour titre : «Désir d’infini – musique et religion, sacré, spiritualité».

Ça, c’est un titre ! On pourrait penser que l’événement est un peu racoleur en ces temps où il faut bien s’accrocher à quelque chose. Un pape vient d’émerger, les religions vacillent, le sacré est sacrément mis à toutes les sauces ; quant à la spiritualité, elle foisonne tous azimuts. Et nous voilà tout surpris par un projet d’une belle envergure où se croisent et se conjuguent des événements artistiques surprenants. Début 2011, le Centre international des musiques nomades (CIMN) a vu le jour et a développé un projet subtil : le festival Les Détours de Babel offre au public la possibilité d’entendre toute la richesse esthétique et toute la puissance d’évocation des musiques religieuses. «Les mettre en scène, c’est montrer qu’elles n’appartiennent pas aux religions, mais à l’Humanité» précise Benoit Thiebergien, directeur artistique du festival qui se veut à la croisée des musiques contemporaines, du jazz et des musiques du monde.

Llorenç Barbe, Renaud Garcia-Fons, Pierre Henry…

Une fois que l’on a regardé à la loupe la programmation puissante et vaste, il faut, à contrecœur, faire quelques choix. Parmi les créations majeures, arrêtons-nous sur l’incroyable Campana du compositeur espagnol Llorenç Barber, concert urbain pour carillon et cloches d’église. Pour cette création, cinquante percussionnistes vont investir tous les clochers des églises du centre-ville et des chanteurs, munis de porte-voix, se joindront à eux comme le feraient des muezzins.

Quant au jazzman et contrebassiste Renaud Garcia-Fons et à l’ensemble Razbar, qui perpétue une musique dévotionnelle ancestrale d’origine kurde iranienne, ils ont imaginé Djânân, un concert entre jazz, musiques anciennes et musiques du monde.

Et puis, pour n’en plus finir, des bals, des brunchs, des siestes musicales. Gardons pour la fin la présence d’un dinosaure : Pierre Henry, «Monsieur musique concrète», explorateur infatigable du son dans tous ses états, revient avec une création, Fragments rituels. Il faut y être, comme pour une absolue nécessité.

 

Les Détours de Babel, du 2 au 20 avril à Grenoble / www.detoursdebabel.fr

 

Photo de Une : Djânân par l’ensemble Razbar
Photo 2 : Llorenç Barber

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