Le groupe sud-africain Skip&Die, révolutionnaire et niaqueux, sort un premier album comprenant douze petites bombes dansantes : Riots In The Jungle.

Des petits cuicuis inoffensifs qui ne durent que quelques secondes, immédiatement saccagés par une grosse basse électronique. C’est l’émeute de la jungle qui s’annonce, la Jungle Riot qui est aussi le titre du morceau d’ouverture du premier album de Skip&Die, Riots in the Jungle. À la tête de cette révolution musicale, deux leaders charismatiques. La chanteuse, Catarina Aimée Dahms, prend ici le nom de guerre de Cata Pirata. Tignasse rose fluo et moitié de tête rasée, elle est accompagnée du producteur hollandais Jori Collignon, capillairement plus discret, et de quatre autres musiciens.

Ce premier disque est l’histoire d’un voyage, celui de ses créateurs à travers l’Afrique du Sud et sa pluralité musicale, que le combo Die Antwoord avait déjà contribué à mettre en lumière en 2010. Ce périple entre Johannesburg, Le Cap et leurs townships Gugulethu et Soweto a permis au groupe de rencontrer des musiciens de rock, de reggae ou de hip-hop. Chacun d’entre eux s’est vu offrir la possibilité de mettre son grain de sel sur de nombreux morceaux. Au total, cinq titres sur douze sont des collaborations et plongent l’album au cœur d’une jungle de sonorités quasi-inconnues.

Alors on danse

Décortiquer Riots In The Jungle donne ainsi du fil à retordre puisqu’on peut y entendre du hip-hop, du reggae, de la clarinette klezmer, de la cithare indienne, des chœurs tribaux… Chaque titre est un mélange de genres, de sons, d’instruments, de rythmes et de langues. On rêve alors d’avoir un Claude Hagège à ses côtés pour comprendre les textes en anglais, portugais, espagnol, afrikaans, xhosa, zoulou… L’album est donc très dense mais, paradoxalement, chaque titre se danse aisément car la complexité des morceaux n’enlève pas la qualité première de Skip&Die : c’est un groupe qui donne envie de danser, de sauter dans tous les sens et de se déhancher comme sur du Shakira.

Car si, de prime abord, on aurait tendance à écouter Riots In The Jungle avec le poing levé, on comprend dès le premier beat qu’on peut aussi faire la teuf sur cette musique révolutionnaire. Et c’est tout à l’honneur des Sud-Africains et de leur producteur hollandais d’avoir de l’humour et d’avoir choisi de laisser transparaitre ce second degré-là. L’édition 2013 du festival Les Femmes s’en mêlent nous offre justement l’occasion de venir nous marrer et danser le poing levé en invitant Skip&Die à la Bobine, à Grenoble. Soit le concert idéal pour mettre à l’épreuve notre déhanché shakirien sur du hip-hop électro-révolutionnaire…

 

Skip&Die le 30 mars à la Bobine, 42 boulevard Clémenceau-Grenoble / 04.76.70.37.58 / www.skipndie.withtank.com

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