Racheté il y a un mois par Jean-Jacques Augier (un proche de François Hollande, dont il fut le camarade de promo à l’ENA), le magazine Têtu est aujourd’hui en grève pour protester contre un plan social qui viserait à licencier 40% des effectifs actuels du titre.

En février, le propriétaire de Têtu, Pierre Bergé, a vendu le magazine à Jean-Jacques Augier pour la modique somme d’un euro symbolique. Le plan de redressement dévoilé la semaine dernière et qui concerne aussi bien la version print que la version web du titre implique le licenciement d’une quinzaine de personnes sur trente-cinq salariés, tous services confondus, ainsi que l’éventualité de céder l’exploitation des sites Têtu.com et Têtue.com à Yagg.com, qui s’est imposé depuis 2008 comme le principal concurrent de Têtu sur Internet. Une perspective qui fait grincer bien des dents parmi les salariés, d’autant que le nouveau directeur de la rédaction de Têtu, Yannick Barbe (qui remplace Gilles Wullus et qui est lui-même un ancien journaliste de Têtu), est l’un des cofondateurs de Yagg.com.

Devant ces mesures drastiques, le personnel de Têtu a voté hier soir à l’unanimité une motion de grève pour ce vendredi 22 mars. Car la colère est grande au sein du magazine. Si les salariés reconnaissent que la gestion financière de l’entreprise, depuis sa création en 1995, n’a pas toujours été irréprochable (ce qu’autorisait la manne financière de Pierre Bergé), ils sont choqués par les mesures envisagées, face auxquelles ils n’ont pas eu la possibilité de faire des contre-propositions.

Revendiquer le droit à la parole des salarié-e-s

Aujourd’hui, les futurs licenciés sont en grève pour revendiquer leur droit à la parole. Par ce geste, ils souhaitent souligner leur désaccord avec ce plan de licenciement, mais aussi réclamer de meilleures conditions de départs, qui se limitent aujourd’hui au minimum légal. Également inquiets, les salariés non-licenciés prennent part au mouvement par solidarité avec leurs collègues, pour protester contre l’absence d’un projet éditorial clair et pour manifester leur perplexité concernant le bon fonctionnement du magazine, dont les effectifs seront réduits de 40%.

Si cet arrêt de travail ne sera pas forcément reconduit, les salariés de Têtu veulent montrer qu’ils sont prêts à se mobiliser contre des propositions qu’ils n’acceptent pas et qu’ils n’estiment pas bénéfiques pour leurs lecteurs. Ils espèrent également pouvoir instaurer un dialogue avec Jean-Jacques Augier, à qui ils réclament plus de clarté sur la ligne éditoriale à venir du magazine.

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