Save Gay Porn, un documentaire actuellement en cours de tournage se penche sur la question de la prévention dans le porno français.

Comment parvenir à remobiliser les gays autour de la lutte contre le sida, alors que les enquêtes épidémiologiques et comportementales montrent une augmentation à la fois du nombre de contaminations par le VIH (mais aussi par d’autres infections sexuellement transmissibles) et des pratiques sexuelles à risques ? Le collectif parisien Parlons Q, initié par Hervé Latapie (patron de la discothèque Le Tango et auteur de deux ouvrages sur la prostitution masculine et sur les jeunes gays séropositifs) réunit depuis fin 2012 des gays entre 23 et 53 ans, séropositifs ou séronégatifs, pour réfléchir à cette problématique. Et l’une des réponses, selon ses membres, passe par le porno. Ou plutôt par un documentaire de 52 mn, en tournage depuis début juin, qui s’intitulera Save Gay Porn (Sexe, prévention et vidéo) et examinera comment la petite industrie française du X gay aborde la prévention du VIH.

Le projet doit être diffusé à l’automne sur la chaîne Pink TV (qui l’a préacheté) avant, espèrent ses promoteurs, une tournée des différents festivals français de cinéma LGBT et des rencontres organisées dans tout le pays. «On s’est dit que c’était un bon moyen de parler de prévention parce que le porno est particulièrement important pour les gays, qui manquent de représentations de leur sexualité dans le cinéma traditionnel. Et parce qu’on sait que l’éducation sexuelle des jeunes, aujourd’hui, se fait essentiellement par ce biais», explique Hervé Latapie.

Le bareback en question

Le sujet des rapports non-protégés occupera sans doute une large part de ce documentaire. «Les règles de safe sex édictées dans l’industrie du X à partir de 1987 pour faire face à l’épidémie de sida ont peu à peu été abandonnées au cours des années 2000» déplore Hervé Latapie, qui nuance aussitôt : «les principaux studios français n’ont pas baissé la garde, notamment grâce à la pression de Têtu et de Pink TV, qui ont toujours été très vigilants sur ce point». Il reconnaît également que «ce n’est pas parce qu’on regarde du porno bareback [sans préservatif, NdlR] que l’on va automatiquement avoir une sexualité bareback».

De Save Gay Porn, il ne faudra peut-être donc pas attendre des réponses toutes prêtes, mais avant tout des questionnements et des pistes de réflexion. L’important, pour les promoteurs du projet, est de remettre la prévention du sida au cœur des préoccupations des gays, ce qui est selon eux loin d’être le cas actuellement. «Les séropos sont totalement invisibles dans le milieu LGBT.  Les gays n’ont plus envie qu’on leur parle du sida, mais plus on s’enfermera dans le déni, plus le retour de boomerang sera violent».

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