Le livre Mauvais garçons, portraits de tatoués reproduit des photos de tatoués du tournant du siècle précédent (du XIXe au XXe).

Mauvais garçons, portraits de tatoués (1890-1930) Jérôme Pierrat Éric Guillon la manufacture de livresFin d’été et retour de plage. Au soleil, maté beaucoup de corps dénudés, de muscles saillants, de beautés arrogantes soulignées par l’émergence sous le débardeur blanc de l’extrémité d’un tatouage, par un bras couvert de dessins, par des formes grimpant à l’assaut de fermes mollets, par des pectoraux redessinés à coup d’illustrations en couleur. Qui pourra dire qu’il n’y a pas d’érotisme dans ces traces, dans ces inscriptions corporelles ? On pourrait en interroger sans fin la signification, se demander pourquoi cette déferlante qui touche tant les hétéros que les gays, on pourrait penser phénomène de mode ou machin de reconnaissance tribale, voire bidule sexuel facile. Oui, bon, et après ? On peut aussi se foutre de comprendre et se contenter de voir ça comme sexy et on n’aura pas tort. Mais ces tatouages ne viennent pas de nulle part. Ils ont une histoire, ils sont même une part d’histoire de la masculinité, celle que rappelle en images un passionnant album, Mauvais garçons, portraits de tatoués qui reproduit des photos de tatoués du tournant du siècle précédent (du XIXe au XXe), lorsque les tatouages et leurs symboles signalaient les durs à cuire, les petites frappes, les emprisonnés de tout genre. Cela change le regard et la perspective, cela évacue le désir, cela change le sens du corps.

 

Mauvais garçons, portraits de tatoués (1890-1930) de Jérôme Pierrat et Éric Guillon (La Manufacture de livres)

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