Indispensables et pourtant malmenées, les associations LGBT doivent faire face pour la plupart à une baisse de leur fréquentation.

 

Cortège associatif en tête de la Marche des Fiertés LGBT de Lyon, juin 2012 (© Vergine Keaton)

 

Actualité du “mariage pour tous“ oblige, les associations lesbiennes, gays, bi et trans ont fait l’objet ces derniers mois de critiques nombreuses et variées. Leurs détracteurs leur prêtent ainsi une toute-puissance largement imaginaire : c’est la fameuse thèse du «lobby gay», qui serait capable d’imposer son agenda aux parlementaires (thèse justement illustrée, selon ses partisans, par la loi Taubira). Ils les accusent aussi d’être des gouffres à subventions : c’est ainsi qu’en juin dernier le conseiller régional Rhône-Alpes Bruno Gollnisch (Front national) dénonçait «les dizaines de milliers d’euros» accordés par la Ville de Lyon et le Conseil régional à la Quinzaine des cultures LGBT organisée par la Lesbian & Gay pride de Lyon (qui évoque pour sa part une aide bien plus modeste de 9 000€ au total). D’autres (y compris des militants LGBT) leur reprochent une trop grande proximité avec le gouvernement et le Parti socialiste… En réalité, loin des fantasmes qu’il suscite, le tissu associatif LGBT traverse actuellement une zone de turbulences.

L’exemple d’ARIS – Centre LGBTI

La situation d’ARIS, la plus ancienne association gay et lesbienne lyonnaise toujours en activité, illustre bien les problématiques auxquels doivent répondre aujourd’hui les militants LGBT. Fondée en 1981, elle a dû cesser toute activité pendant près de trois ans pour effectuer une indispensable mise aux normes de son local, rue des Capucins. Cette longue pause a été mise à profit par ses bénévoles pour réfléchir au devenir de l’association et mettre en place un centre LGBT à l’image de ceux déjà existants à Paris, Lille, Strasbourg… ou à quelques rues du local d’ARIS, avec le Forum gay et lesbien de Lyon. Le projet a reçu un soutien appuyé de la municipalité qui, de concert avec le Conseil régional, a financé les travaux de rénovation. Mais depuis sa réouverture en juin 2012, le bilan est mitigé. L’objectif d’offrir une vitrine à des associations qui en était dépourvue semble en bonne partie atteint, puisqu’une quinzaine d’entre elles ont adhéré à “ARIS – Centre LGBTI“. Et c’est un point d’autant plus positif que les associations LGBT lyonnaises sont nombreuses (plus d’une trentaine) mais pour certaines largement méconnues, y compris des homosexuels. Mais si les repas conviviaux attirent toujours du monde, toutes les activités n’ont pas encore repris et certains rendez-vous peinent à trouver leur public. Carine Le Breton, qui achèvera en décembre son mandat de deux ans à la coprésidence d’ARIS, le reconnaît : «on a manqué de temps pour mobiliser des bénévoles et les recevoir comme il le faudrait. Pour le moment, les personnes qu’on accueille sont davantage “consommateurs“ que réellement “acteurs“ d’événements associatifs». Confrontées conjointement au vieillissement de leurs bénévoles, à l’évolution des habitudes de rencontre des gays et des lesbiennes et à un affaiblissement de l’esprit communautaire chez les homosexuels (notamment les plus jeunes), les associations LGBT, à Lyon comme ailleurs, sont aujourd’hui à la recherche d’un second souffle.

Photo : cortège associatif en tête de la Marche des Fiertés LGBT de Lyon, juin 2012 (© Vergine Keaton)

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