Arrivés en quatrième position à l’issue des élections fédérales du 22 septembre (8,44% des voix), les Verts allemands ont réalisé un score médiocre, bien en-deçà de ce que leur promettaient les sondages il y a encore quelques mois. Il faut dire qu’ils ont vécu une fin de campagne particulièrement éprouvante : un chercheur, payé par le parti pour enquêter sur l’influence qu’avaient pu avoir les militants “pédophiles“ sur les mouvements écologistes dans les années 70 et 80, a en effet exhumé des révélations particulièrement gênantes en période électorale. Il a établi que Jürgen Trittin, le président des Grünen au Bundestag, avait soutenu en 1981, à l’occasion d’élections municipales, un programme demandant la dépénalisation des relations sexuelles entre adultes et enfants commises sans violences ni menaces.

Trittin a reconnu les faits, admettant que «cette position est fausse, était fausse et nous l’avons corrigée trop tard (…) J’en porte également la responsabilité. Ce sont aussi mes erreurs», mais ce mea culpa n’a pas suffi à faire retomber la polémique ni à enrayer la chute des Verts dans les sondages. Ce n’est pas la première fois que les écologistes allemands se trouvent confrontés à ces accusations : en 2001, Daniel Cohn-Bendit avait lui aussi du s’expliquer sur certains passages tendancieux de son livre Le Grand Bazar (1975), reconnaissant qu’il avait fait preuve d’une «inconscience insoutenable» et exprimant «son remords d’avoir écrit tout cela».

 

Photo : Jürgen Trittin © Sven Teschke

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.