La direction de AIDES s’apprête à supprimer soixante-cinq postes, arguant d’une situation financière délicate.

Logo de l'association de lutte contre le sida AIDES

 

 

Nous l’évoquions déjà le mois dernier : voici plusieurs semaines que le climat social est tendu chez AIDES, la principale association française de lutte contre le sida, qui aura trente ans cette année. En cause : un “plan de sauvegarde de l’emploi“ (PSE) qui vise à supprimer près de 15% des postes (principalement au siège de l’association à Pantin) et à baisser de 6% tous les salaires en supprimant une prime annuelle. Selon la direction, ces efforts douloureux sont rendus nécessaires par la baisse des subventions publiques accordées à AIDES, qui auraient été «réduit[e]s d’environ 5 à 10% par an depuis trois ans». Une partie des salariés, réunis en intersyndicale (CGT, CFDT, FO, SUD), affirment au contraire que les subventions publiques ont augmenté de 434 000€ entre 2010 et 2013. Mais pour la direction, cette hausse des ressources financières de l’association serait due à l’augmentation des seuls crédits accordés aux structures médico-sociales gérées par AIDES : le financement de la prévention, lui, serait bien en baisse. Les dépenses, en revanche, ont bien augmenté, pour au moins trois raisons principales, à commencer par le développement des actions sur le terrain de dépistage rapide (près de 42 000 tests ont été réalisés l’an dernier). Selon l’intersyndicale, la direction aurait fait preuve de légèreté en lançant depuis 2011 un vaste programme de dépistage rapide du VIH, auquel l’État l’a fortement incité… mais qu’il n’a pas suffisamment financé. Autre poste de dépenses en forte hausse (+ 36% entre 2011 et 2013) : les actions internationales, via notamment Coalition Plus (une structure au sein de laquelle AIDES est associée à trois autres associations de lutte contre le sida – marocaine, malienne et québécoise). L’an dernier, AIDES a ainsi versé à Coalition Plus deux millions d’euros : une somme correspondant, selon les représentants du personnel, au montant de son déficit (la direction estime pour sa part La direction de AIDES s’apprête à supprimer soixante cinq postes, arguant d’une situation financière délicate. DR Action de AIDES à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida que celui-ci devrait s’élever in fine aux alentours de trois millions d’euros). Enfin, la politique salariale de l’association est elle aussi montrée du doigt. Alors que la grande majorité des travailleurs de AIDES doivent aujourd’hui se serrer la ceinture, le revenu annuel en équivalent temps plein des dix salariés les mieux payés de AIDES a fortement augmenté depuis 2005 (+ 37% en moyenne) : +45% pour le directeur général et +39% pour les directeurs généraux délégués, selon un avis rendu par le Comité central d’entreprise en juin dernier. Preuve que le PSE ne passe pas auprès des salariés, plus d’une centaine d’entre eux réunis en assemblée générale (AG) le 10 janvier ont voté à 80% un débrayage de deux heures le 16 janvier. En attendant la prochaine AG le 7 février, qui pourrait bien déboucher sur de nouvelles journées de mobilisation et de grève.

Photo : action de AIDES à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida

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