Comme le rappelle Éric Fassin, les débats qui agitent actuellement les militants LGBT québécois autour de la question de la laïcité ne sont guère différents de ceux que leurs homologues français connaissent depuis au moins une dizaine d’années.

 

De ce côté-ci de l’Atlantique, la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques, votée en 2004, a en effet créé une fracture chez les intellectuels féministes et/ou soutenant les droits des personnes LGBT. Fracture qui perdure aujourd’hui encore au rythme des multiples polémiques qui font l’actualité du débat sur la laïcité, dans un contexte empoisonné par la montée en Occident du racisme antimusulman et d’une extrême-droite qui, un peu partout en Europe et dans une moindre mesure en France, multiplie les appels du pied en direction de l’électorat homosexuel. Cette division a fini par aboutir à un véritable dialogue de sourds entre ceux pour qui l’interdiction du voile à l’école est nécessaire pour préserver l’égalité entre filles et garçons et ceux qui s’alarment des récupérations racistes et xénophobes dont peut être l’objet la laïcité. Pour certains, cette dernière serait même intrinsèquement porteuse d’un imaginaire (néo-)colonial : c’est l’une des thèses développées dans un livre paru en 2012 et très débattu par les milieux féministes et/ou LGBT : Les Féministes blanches et l’Empire de Félix Boggio Ewanjé-Epée et Stella Magliani-Belkacem (éditions La Fabrique).

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