Après un premier passage en 2012, les Célestins accueillent à nouveau en cette fin de saison les filles du Cabaret New Burlesque. Une petite piqûre de rappel est nécessaire pour connaître et comprendre le message néo-féministe de ces girls aguichantes et provocantes.

Lié au music-hall anglo-saxon, le burlesque apparaît au XIXe siècle. Très souvent à l’initiative des femmes, les numéros musicaux empreints de satire sociale se mélangent alors aux grivoiseries. Scandaleux et populaire, le burlesque évolue au fil des ans pour se réduire au strip-tease à partir du milieu du XXe siècle. Longtemps assimilé aux rues crasseuses des quartiers les plus chauds, il renaît de ses cendres au début des années 1990 sous l’appellation de new burlesque. C’est bien dans cette veine que s’inscrivent les deux metteurs en scène de la revue Cabaret New Burlesque, Kitty Hartl (directrice artistique et manageuse de la troupe) et Pierrick Sorin (artiste plasticien et vidéaste). Ils proposent ensemble une création visuelle jouée en direct et en interaction avec les danseuses dont les noms mystérieux (Catherine D’Lish, Mimi Le Meaux, Dirty Martini…) promettent de sauvages soirées.

cabaret new burlesque heteroclite juin 2014 copyright julien weber

Finies les mannequins squelettiques des magazines de mode, oubliées Taylor Swift et Miley Cyrus ! Les filles du Cabaret New Burlesque rappellent ce que veulent dire féminité, sensualité et provocation. Généreuses, elles donnent et assument tout : leurs formes et le regard des autres. À coup d’effeuillage et de tassel twirling (cette pratique qui consiste à faire valser des pompons au bout des tétons), elles parodient aussi les codes de la société américaine, pudibonde, matérialiste et guerrière. Drôle et décalé, le spectacle érotique cède la place à une performance hors-norme, scandaleuse et provocante. C’est bien grâce au bump and grind (la danse du ventre made in Texas), et à leurs faux-cils que les filles de Kitty Hartl se réapproprient leur corps et protègent leur image, s’affranchissant ainsi de l’impitoyable et pervers male gaze (regard masculin) justement dénoncé par les féministes.

 

Cabaret New Burlesque, jusqu’au 13 juin aux Célestins, 4 rue Charles Dullin-Lyon 2 / 04.72.77.40.00 / www.celestins-lyon.org

 

Photos © Julien Weber

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