Nouvelle venue dans le milieu féministe lyonnais, l’association 21ème sexe se distingue par l’importance qu’elle accorde au concept d’intersectionnalité.

 

Les membres du bureau de 21ème sexe

 

«Libre», «grande gueule», ou «gouine amorale» : ils ont été une dizaine de curieux à répondre à la question «et toi, c’est quoi ton genre ?», le 14 juin dernier au Livestation-DIY. On doit ce photo call à une toute nouvelle venue dans le paysage associatif lyonnais. L’association 21ème sexe a été fondée en février dernier par une dizaine d’étudiant(e)s. Féministe, égalitariste, 21ème sexe entend fédérer le plus grand nombre de personnes – sans se limiter au milieu étudiant – autour des études de genre mais aussi autour des dominations de classe et de race.

L’association puise ses racines théoriques notamment dans le concept d’intersectionnalité, forgé en 1991 par la féministe noire américaine Kimberlé Williams Crenshaw. Il s’agit d’une approche qui prend en compte non seulement la diversité des identités, mais également la convergence entre les luttes des minorités ethniques et sexuelles discriminées. Parce que les discriminations que subissent les minorités ne peuvent être comprises que dans les relations qu’elles entretiennent entre elles, 21ème sexe refuse de s’en tenir à un combat féministe strictement hétéro- et occidentalo-centré. Si le concept d’intersectionnalité s’est rapidement répandu au sein des minorités (sexuelles, ethniques, religieuses….) des pays anglo-saxons dans les années 90 et 2000, il doit encore se démocratiser en France, d’où l’importance que lui accorde l’association.

Le mode d’action de 21ème sexe n’est pas la manifestation ou le happening : les 17 membres de ce groupe hétéroclite (et fier de l’être) préfèrent mener des projets individuels à court terme au nom de l’association. L’une des membres s’intéresse par exemple aux noms des rues lyonnaises, dont elle estime que trop peu rendent hommage à des femmes. Par ailleurs, l’association tient aussi à la disposition de tous une bibliothèque savamment alimentée qui propose un large choix d’ouvrages sur les thématiques féministes. À l’avenir, les jeunes membres de 21ème sexe espèrent pouvoir mener des interventions en milieu scolaire et organiser un atelier de danse suivant les principes de la body positivity, autrement dit l’acceptation de soi, de son image et de son corps.

www.21emesexe.tumblr.com

Un Réponse à “21ème sexe : l’asso gender-friendly”

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