Alors qu’approche la Journée du souvenir trans (Transgender Day of Remembrance, ou TDoR), les trans attendent toujours une loi simplifiant le changement d’état civil.

 

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«Les trans ? Tout le monde s’en fiche !». La confidence émane d’un parlementaire pourtant connu pour son engagement en faveur des droits humains. «C’est terrible à dire mais, politiquement, c’est un groupe qui ne pèse pas grand-chose». Des propos qui n’étonneront pas outre-mesure les militantes trans, dont fait partie Giovanna Rincon. En tant que présidente de l’association Acceptess-T, qui lutte pour les droits des personnes trans, elle en a entendu d’autres. «Les gens impliqués sur les droits humains ne sont déjà pas très nombreux et les trans sont une minorité dans la société et la communauté LGBT». Même son de cloche chez Hélène Hazera. La journaliste a co-créé la commission trans au sein de l’association Act Up-Paris il y a seize ans et voit depuis lors les gouvernements se succéder, sans noter de réelle évolution sur le sujet. «Si vous saviez ce que j’ai pu entendre, sous des gouvernements de gauche, de droite, de gauche… Plaisanteries déplacées, manoeuvres sournoises, renvoi d’un ministère à l’autre…». Pour Hélène Hazera, le retard sur les trans n’est qu’«un symptôme» du «retard général de la société française» sur les questions de société.

Au point mort à quelques jours du Transgender Day of Remembrance

Pourtant, avec l’arrivée au pouvoir des socialistes dans le sillage de la victoire de François Hollande en 2012, l’horizon paraissait enfin s’éclaircir pour les trans. Le candidat Hollande ne s’était-il pas engagé à ce qu’une loi permette le changement d’état civil sans passer par la case chirurgie, revendication portée de longue date par les associations ? Si les couples gays et lesbiens ont obtenu de pouvoir convoler et adopter, les droits des trans semblent toujours au point mort. Le réveil des mouvements réacs, avec son cortège de violences, lors du vote de la loi sur le mariage pour tous a changé la donne. Exit une loi pour les trans défendue par une figure politique de premier plan, comme ce fut le cas avec la loi Taubira. Le gouvernement a refilé le projet aux parlementaires de la majorité, qui héritent d’un projet de loi complexe et difficile à porter. La sénatrice verte Esther Benbassa puis les députés socialistes Erwann Binet, Michèle Delaunay et Pascale Crozon l’ont appris à leurs dépends. Leurs ébauches de propositions n’ont pas convaincu les associations trans qui exigent d’être entendues et surtout, écoutées. Elles l’ont dit avec force lors de la marche Existrans à Paris le 18 octobre dernier. Elles le rediront sans doute lors de la Journée du souvenir trans (Transgender Day of Remembrance ou TDoR). Et il y a «urgence», selon Giovanna Rincon. «Les politiques font de grands discours mais quand un sujet les dépassent, ils esquivent et ne protègent plus les personnes qui les ont élus». Alors, message reçu ?

Journée du souvenir trans (Transgender Day of Remembrance, TdoR), jeudi 20 novembre

Photo 1 : Existrans à Paris, samedi 18 octobre 2014 © Karine Pelgrims
Photo 2 : le collectif lyonnais Chrysalide à Paris pour l’Existrans 2010 © William Hamon

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