Menacée de fermeture à l’automne dernier, le 190, premier centre de santé sexuelle ouvert en France, bénéficie actuellement d’un sursis.

«Le 190, à deux doigts de fermer ?», demandait ouvertement le quotidien Libération en septembre dernier. Avec des financements en berne et un bail en fin de course, le premier centre de santé sexuelle ouvert en France semblait au bord du gouffre. Quelques mois plus tard, son directeur, le docteur Michel Ohayon, se veut rassurant. «Nous serons toujours en sursis», assure-t-il, un brin fataliste. Outre des difficultés structurelles persistantes, c’est la philosophie même du centre qui le rend aussi fragile : «nous faisons de la prévention principalement envers les gays, car ce sont eux les plus touchés, alors que les campagnes de santé publique font comme si l’épidémie était généralisée. Mais la prévention, ce n’est pas rentable».

En médiatisant sa situation, le 190 a gagné un répit : la Ville de Paris a renouvelé son financement, tout comme la Région Île-de-France. Surtout, la municipalité s’est engagée à aider le centre à se reloger. Preuve que sa mission est d’importance, celui-ci n’a jamais accueilli autant de patients. Le nombre d’usagers ne cesse d’augmenter et cette tendance devrait se poursuivre. Cette année, le centre a reçu entre 6 500 et 7 000 consultations et ouvert 1 500 nouveaux dossiers. «La moitié de la population française infectée par le sida se concentre en Île-de-France et Paris est la ville d’Europe occidentale la plus touchée par le sida», rappelle le docteur Ohayon.

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