Face à la montée du «vote FN chez les homos», l’heure n’est plus à l’indignation et à l’incompréhension mais à l’élaboration d’une riposte qui suppose une part de remise en cause.

 

vote fn chez les homos marine le pen au parlement des invisibles a Henin-Beaumont (Pas-de-Calais) le dimanche 15 avril 2012 copyright Jeremy JannickRégulièrement, médias et réseaux sociaux font semblant de redécouvrir ce que tout le monde sait déjà : de plus en plus de gays et de lesbiennes votent pour le Front national (FN). La société du spectacle adore les paradoxes vivants et ces homos séduits par des idées d’extrême-droite en constituent un merveilleux exemple : rien d’étonnant, donc, à ce qu’ils soient autant mis en avant. Par ailleurs, on sait depuis trente ans que la progression électorale du FN, sujet de discussion privilégié aux cafés du commerce réels ou virtuels, fournit aux commentateurs professionnels ou amateurs un stock inépuisable de réflexions au ras des pâquerettes. Tout le monde se sent obligé d’avoir un avis là-dessus, même (et surtout) si cet avis est déjà connu, n’apporte rien de neuf et n’a donc aucun intérêt. Si, à cela, vous ajoutez la thématique «homosexualité» (autre moyen assez sûr de faire le buzz et de captiver votre auditoire), vous obtenez une sorte de combo magique qui libère d’un coup, d’un seul, tous les Bouvard et Pécuchet de l’analyse sociopolitique de comptoir. Voilà pourquoi le sujet du vote FN chez les gays revient si souvent dans l’actualité. Ces dernières semaines, ce fut même un véritable festival, avec le ralliement à Marine Le Pen de Sébastien Chenu, le cofondateur de GayLib, la révélation de l’homosexualité du n°2 du Front national Florian Philippot et enfin l’élection par les lecteurs de Têtu d’un Mister Gay ouvertement pro-FN.

Tout cela favorise l’éclosion de discussions d’autant plus oiseuses que l’on dispose de bien peu de données chiffrées et quantifiables sur le sujet. Il n’existe, pour autant qu’on le sache, que deux sondages mesurant l’adhésion des homos aux idées du FN, tous deux réalisés par l’IFOP. Le premier, paru en janvier 2012, montrait que le FN était parvenu à rattraper son retard structurel dans l’électorat gay et lesbien. Alors que, depuis les années 80, les homosexuel-le-s étaient plus réticent-e-s que les hétérosexuel-le-s à accorder leurs suffrages au parti d’extrême-droite, ils étaient, à quelques mois de l’élection présidentielle, proportionnellement aussi nombreux que dans le restant de la population à déclarer leur intention de voter pour Marine Le Pen. Un autre sondage, plus récent (octobre 2013), montre que depuis l’élection de François Hollande, la proximité avec les idées du Front national a augmenté sensiblement au même rythme chez les homosexuels (+ 5 points) que dans l’ensemble de la population (+ 4 points).

On pourrait en déduire que la fameuse «poussée du vote FN chez les homos» n’est qu’un trompe-l’œil et que c’est en fait un part grandissante de la société qui se trouve de plus en plus en phase avec les idées du parti d’extrême-droite, sans que l’orientation sexuelle joue un rôle significatif dans cette évolution.

Pourtant, il suffit de fréquenter des gays ou des lesbiennes ou de jeter un œil sur leurs espaces de discussion, sur les réseaux sociaux ou sur des médias d’infos communautaires, pour constater, de façon certes plus impressionniste que scientifique, que le phénomène prend depuis plusieurs années une ampleur inquiétante.

Chaque nouvelle «polémique», puisse qu’il faut bien employer ici ce terme si dévoyé qu’il en devient passe-partout, donne lieu dans la communauté LGBT à un «débat» qui se déroule à peu près toujours de la même manière. On pourrait presque en faire une grille de bingo, comme cela s’est vu récemment pour ces «débats» aporétiques dont les termes sont connus par avance. Après quelques platitudes liminaires (du genre «les gays ont bien le droit d’être aussi cons que les autres») ou encore «l’orientation sexuelle ne fait pas l’orientation politique»), le «débat» suit à peu près le cours suivant :

– un premier intervenant pense faire de l’humour en citant la phrase bien connue de Jean-Luc Roméro selon laquelle «un gay qui vote FN, c’est comme une dinde qui vote pour Noël».

– un deuxième pense faire étalage de sa vaste connaissance historique en rappelant que les liens entre homosexualité et extrême-droite sont anciens, qu’Abel Bonnard (ministre de l’Éducation sous le régime de Vichy et collaborationniste forcené) était surnommé «la Gestapette» en raison de sa double attirance pour les hommes et pour le Troisième Reich, que Jörg Haider (le leader du FPÖ autrichien) était un bisexuel dans le placard, que Pim Fortuyn (le chef de file de l’extrême-droite anti-musulmane et xénophobe aux Pays-Bas, assassiné en 2002) était, lui, ouvertement gay, ou encore qu’Ernst Röhm, fondateur et chef des SA nazies liquidé en 1934 lors de la Nuit des longs couteaux, était notoirement homosexuel (même si son élimination sur ordre d’Hitler doit plus à des divergences politiques sur la direction «révolutionnaire» ou conservatrice que devait prendre le régime nazi naissant qu’à son orientation sexuelle).

– un troisième cite la phrase de Karl Marx, «celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre» (autre tarte à la crème indispensable à tout bon débat sur l’extrême-droite qui se respecte). Il en profite ensuite pour déplorer l’absence de mémoire chez les gays et convoquer à l’appui de sa démonstration les «Triangles roses», ces hommes et femmes emprisonnés ou déportés sous le régime nazi en raison de leur homosexualité. Comme si Marine Le Pen était Adolf Hitler, comme si le FN était le NSDAP et comme si, parvenu au pouvoir, il rouvrirait les camps et les fours crématoires. Par pitié, arrêtez avec ce genre d’arguments qui dessert la lutte contre le Front national plus qu’autre chose.

– un quatrième rappelle que «l’exemple» vient de nos voisins européens comme l’Autriche ou les Pays-Bas (voir plus haut), où l’actuel leader de l’extrême-droite, Geert Wilders, n’est pas gay (pour autant qu’on le sache) mais se pose régulièrement en défenseur des femmes et des homosexuels contre la «menace» que font peser selon lui les musulmans sur leurs droits. On cite alors généralement le discours de Marine Le Pen prononcé à Lyon en décembre 2010 et dans lequel elle évoquait les homosexuels «menacés» dans les quartiers à forte population immigrée.

– un cinquième conclut la discussion en se demandant, éberlué : «mais comment peut-on être gay et voter pour le FN ?». Puis, le «débat» retombe tel un soufflé raté, comme écrasé sous le poids de sa propre vacuité. Parfois, quelqu’un se croit obligé d’y ajouter une coda encore plus consternante que le reste, en expliquant que c’est parce qu’elle est «une femme forte», une blonde qui se bat dans un monde d’hommes, un quasi-diva politique, voire parce qu’elle partage une vague ressemblance avec Dalida, que les gays sont séduits par Marine Le Pen…

Voilà où nous en sommes. Depuis le début de ce siècle, l’extrême-droite, un peu partout en Europe, cherche à redéfinir son rapport à l’homosexualité à mesure que l’islam et les musulmans deviennent ses principaux boucs émissaires, reléguant les homosexuels au second plan de ses préoccupations. Soit une bonne quinzaine d’années, et nous en sommes toujours au stade de l’incompréhension et de l’ébahissement. «Mais comment est-ce possible ?». Hier, quand Têtu a publié sur son site une longue interview de son Mister Gay 2015 pro-FN, certains ont poussé des cris d’orfraie et accusé le mensuel de contribuer à la banalisation des idées xénophobes (comme si ses lecteurs, qui sont pourtant responsables de ce vote, n’y étaient pour rien…). Pourtant, cette interview qui n’élude pas les questions qui fâchent est une bonne occasion d’enfin comprendre pourquoi des gays votent pour l’extrême-droite. De dépasser le stade de l’incompréhension et de l’indignation pour atteindre celui de l’analyse et des réponses à apporter à ce phénomène préoccupant.

Les raisons qui poussent de plus en plus de gays et de lesbiennes à se rallier au Front national peuvent être les mêmes que celles qui prévalent pour le restant de la population. Comme les hétéros FN, les homos FN peuvent être des déçus du Parti socialiste, de l’UMP, de l’Europe, ou ils peuvent tous simplement être des électeurs inquiets par la persistance du chômage de masse et de la crise. Mais à ces raisons largement répandues s’ajoute souvent une dimension supplémentaire : celle de l’orientation sexuelle. Les gays et les lesbiennes qui votent pour le FN ne le font pas MALGRÉ leur homosexualité mais bien au contraire À CAUSE (au moins en partie) de leur homosexualité, qu’ils estiment menacés par l’immigration, l’islam et les musulmans.

Si on avait pris la peine d’interroger des électeurs gays du FN comme vient de le faire Têtu, on s’en serait aperçus depuis longtemps. Quand on leur demande pour quelles raisons ils accordent leurs suffrages à l’extrême-droite, c’est souvent la même histoire qui revient : un jour ou une nuit, ils se sont faits insulter ou agresser dans la rue en raison de leur homosexualité par «un Arabe» (les plus pudiques disent «une racaille», mais on sait tous que ça veut dire la même chose pour eux). Parfois de manière récurrente. Parfois, cette mésaventure ne leur est pas arrivée à eux personnellement, mais à un ami ou à une connaissance. Et cela a suffi pour les convaincre qu’«il y en a trop», que «la France, tu l’aimes ou tu la quittes» et que de toutes façons la culture musulmane est intrinsèquement hostile à l’homosexualité et qu’elle n’évoluera jamais. Cela ne les empêche pas forcément d’avoir un ami gay et Arabe et/ou musulman. Ou une copine, voire une «besta » hétérosexuelle et Arabe et/ou musulmane. Après tout, chaque raciste se doit d’avoir «son» ami noir. En revanche, les garçons qui cumulent la triple tare d’être Arabes, musulmans et hétérosexuels sont leur hantise.

La plupart des gays pro-FN ont soutenu le «mariage pour tous» pendant les pénibles débats qui ont émaillé 2012 et 2013. Sans craindre d’aller à rebours des positions défendues par leur parti. Voir par exemple cette tribune d’une jeune gay militant au FN qui n’a pas hésité à interpeller son parti sur cette question en lui disant qu’il faisait fausse route. Certains verront là une contradiction insurmontable. Mais quel militant, quelque soit son parti, est d’accord à 100% avec la ligne défendue par celui-ci ? Ces gays pro-FN déplorent que certains cadres de leur parti (Gilbert Collard, Marion Maréchal-Le Pen, Bruno Gollnish…) aient défilé avec La Manif pour tous. Mais l’attitude attentiste de leur présidente et de son entourage les rassure et ils estiment de toutes façons que le mariage pour tous, bien qu’il constitue une avancée, est une réforme secondaire face aux défis du pays. À commencer par «l’insécurité» et l’omniprésente «menace» que représente à leurs yeux l’islam. On peut (et on doit) contester cette logique, mais refuser de la voir et de la comprendre est suicidaire.

C’est là-dessus qu’il faut leur porter la contradiction, plutôt que de les conspuer, les traiter d’idiotes irresponsables ou refuser de les entendre. Que pouvons-nous rétorquer à ce discours ? Voilà une question que les associations LGBT doivent se poser de toute urgence. Sa réponse n’est pas simple et elle mérite d’être débattue. Mais on peut supposer qu’elle nécessite une forme de «convergence des luttes» entre la cause homosexuelle et la cause antiraciste, plus particulièrement celle qui combat le racisme visant les musulmans et l’islam. Et on ne peut pas dire que les associations soient particulièrement bien préparées à cela. Ce n’est en effet un mystère pour personne que le «profil-type» du militant LGBT est généralement le suivant : il s’agit bien souvent d’un homme, blanc, d’origine européenne, votant au centre-gauche et pétri de culture laïque voire d’anticléricalisme. Ce n’est pas étonnant puisque les grandes avancées dont ont bénéficié les homosexuel-le-s se sont toujours heurtées à l’opposition farouche des religions. Mais cet anticléricalisme a empêché bon nombre de militants LGBT de prendre toute la mesure du racisme particulier qui vise l’islam et, à travers lui, les musulmans. On ne peut plus en effet se contenter de défendre les croyants en acceptant (par une prétendue fidélité à l’esprit des Lumières) que soit dit tout et n’importe quoi sur leur religion. Car la plupart des reproches adressés aujourd’hui à l’islam et qui saturent le débat médiatique ne relèvent pas de la critique féministe et queer dénonçant le patriarcat, la misogynie et l’homophobie qui structurent toutes les religions. Ni d’une critique libertaire de la superstition et de la domination que l’islam, là encore, partage avec le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme, etc. Ce sont des critiques racistes qui visent au contraire à faire de l’islam une religion à part, foncièrement différente des autres, statique depuis Mahomet, irréformable, incapable de concevoir une distinction entre le spirituel et le temporel, monolithique. Faute de l’avoir compris, certains voudraient rejouer contre l’islam les grands combats anti-cléricaux du début du XXème siècle contre le catholicisme, sans voir que le contexte politique est totalement différent. C’est pourquoi nombreux sont ceux qui ont soutenu les actions et les déclarations de plus en plus craignos de Femen complètement à côté de la plaque. On ne combat pas de la même manière une religion installée, dominante, majoritaire et qui influe encore sur les décisions d’un grand nombre de nos décideurs politiques comme le christianisme et une religion minoritaire victime d’attaques racistes de plus en plus fréquentes (dans les discours comme dans les actes) comme l’islam.

Face à celles-ci, les associations LGBT ne peuvent pas rester indifférentes si elles veulent stopper la progression des idées d’extrême-droite chez les gays et les lesbiennes. Elles doivent prendre le problème à bras le corps, rappeler qu’il existe autant de façons de vivre sa foi islamique que de musulmans, mettre en avant les associations qui montrent que l’on peut concilier foi religieuse et homosexualité (comme le collectif des Homosexuels Musulmans de France, par exemple). D’autres idées doivent être trouvées et c’est pourquoi un grand brainstorming collectif est nécessaire. Pourquoi ne pas en débattre, par exemple, aux États généraux du militantisme LGBT qui doivent se tenir en Avignon en novembre prochain ? Voilà qui permettrait, peut-être, de sortir par le haut de ce lancinant et pénible débat sur « le vote FN chez les gays ».

 

Photo 1 : Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnish à la Fête de Jeanne d’Arc le 1er mai 2010 © Marie-Lan Nguyen

Photo 2 : Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) le dimanche 15 avril 2012 © Jérémy Jännick

20 Réponses à “Pour en finir avec les débats à la con sur « le vote FN chez les homos »”

  1. Pierre Astarbi

    Et bien sûr, si les pédés votent FN c’est la faute des arabes, des racailles etc… Quel texte dégueulasse.

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  2. Unlce Dolan

    Aussi triste que ça puisse paraître, il faut savoir que même un(e) homo peut être raciste, tout simplement. Je pense néanmoins que le coup de la dinde est toujours d’actualité, car en dépit des changements de ton que souhaite imposer Marine Le Pen (changement de bouc émissaire), une grande (énorme) partie de l’électorat « socle » du FN reste très profondément homophobe. Vivant à Versailles, j’en ai des démonstrations quasi-hebdomadaires dans les divers troquets de la ville…

    Les homos sont donc, eux aussi, manipulables et on peut leur faire penser que le problème central du monde, c’est l’Islam. SI je conviens que cette religion a des principes douteux, ces principes ne sont pas fondamentalement différents des principes tout aussi douteux du catholicisme, du judaïsme, et de la majorité des religions…

    Mais tant que les gens (homos ou non) s’en prennent à l’Islam, ils restent aveugles au vrai problème, celui qui a vraiment provoqué la crise, qui détruit et ronge vraiment leurs conditions de vie. La corruption par les lobbies, les petits truquages financiers des banques et organismes « d’investissement », … Tant que les gens votent « contre les sales arabes », le système continue de tourner et l’argent continue de couler. La bêtise humaine est leur meilleure alliée, et encore une fois, les homos ne sont pas immunisés à la stupidité. 🙂

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  3. François

    merci pour ce très bel article , qui offre une vision nouvelle pour des personnes qui , comme moi, ne savent plus quoi faire pour éviter cette fuite en avant des votes gays vers l’extrême droite ! Désormais que les bases sont posées, il faut des solutions !!!!!!

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  4. Chris Colin Zare

    Article intéressant, un peu trop méprisant à mon goût sur les éléments de débat qu’il cite à juste titre, je parle des liens dangereux, historiques, entre des personnes homosexuelles et des partis d’extrême droite, par ailleurs liberticides voire génocidaires.

    La question d’actualité est le rapport des religions monothéistes aux sexualités minoritaires et aux impératifs sexistes (« la femme est une fleur »…). L’article renvoie ces religions dos à dos, et dénonce le racisme islamophobe.

    Pourtant, l’homosexualité est criminalisée uniquement dans des pays musulmans, pourtant un sexisme est plus répandu chez des personnes attachées à des communautés récemment implantées en Europe. Parfois même encore plus que dans le pays d’origine, dont la société a évolué, contrairement à telle petite communauté fermée.

    L’explication et la réponse nécessitent une compréhension empirique ou sociologique qui n’est pas compatible avec les thèses xénophobes, mais pas non plus avec la négation de toute différence. Le christianisme était homophobe, le monde chrétien a brûlé les sodomites, mais à un écrasante majorité il condamne ses crimes révolus.

    Les musulmans ne sont pas sexistes ni homophobes, mais les sociétés d’où provient leur éducation le sont, bien souvent, et ils ont un problème, qu’ils partagent avec la bible ancienne : leur prophète a écrit un livre saint, détaillé, donc obsolète si on le prend à la lettre.

    Les sociétés musulmanes évoluent, mais on n’a pas envie de régresser pour accompagner cette évolution à leur rythme. Et on peut avoir cette conviction dans le bien fondé de nos spécificités, sans pour autant développer des sentiments racistes, d’ailleurs ils nous conduiraient en bonne logique à renier nos ancêtres.

    Et surtout, ce serait parfaitement injuste, comme tout préjugé, car chaque personne a ses propres convictions, son évolution. Il vaut mieux aider les jeunes victimes de préjugés sexistes ou homophobes dans leurs quartiers, plutôt que stigmatiser les populations qui les composent, et ne constituent pas un bloc homogène, heureusement.

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  5. CHAZELLES

    bonjour , et bonne année au gays , a toutes et a tous , il y a une question que je voudrais soumettre a toutes et a tous y compris aux gays plus qu’a tout autres ……..et il me semble que personne n’ y a pensé
    voici ma question , nous avons nos élites ……..corrompues qui sous couvert d’ouverture et de laïcité ont voulu le mariage pour tous …..contre l’écrasante majorité de Français et dans le dos des Français ils ont voulus le mariage pour tous ainsi soit il …..et dans le même temps ils sont en train de promouvoir l’islamisation de la France voilà deux idées complètement opposées pour ne pas dire explosives …..quant ont pense que nos cathédrales nos églises notre culture sont constamment humiliés insultés salies profanées …..alors je vous laisse imaginé ce que deviendrais la France islamisé sous les coups de la charia …….islam et homosexualité cocktail explosif n’est-ce pas …………….dans un autre temps quelqu’un a dit devant la ville de Béziers ………tué les tous dieu reconnaîtra les siens ainsi soit il

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  6. elisber

    Très intéressant et très vrai. Seriez-vous d’accord pour que je le traduise en Italie et le fasse circuler? il interesserait beaucoup de monde.

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  7. oliporziou

    Pour compléter l’article, je vous invite à lire :
    « Homonationalisme politiques queer après le 11 septembre » de Jasbir K. Puar.
    Dans cette perspective Judith Butler, a refusé un prix à la Gay Pride de Berlin, jugée commerciale et raciste.

    La question qui est posé avec le FN est celle des alliances. Chaque choix comporte des risque.

    Pour ma part en tant que dominé (mec féminin visibilisé homo), je préfère lutter contre le système dominant en place qui m’oppresse (la société patriarcale catholique hétéro-normée et raciste) en m’alliant à d’autres également dominé, ici les personnes racisées (dont les musulmans). Cette alliance est l’occasion de partager les réalités vécus et de créer de la solidarité entre nous.

    Pour ce qui est du FN, l’alliance est tout autre. C’est un mouvement pour le maintien d’un ordre (hétéro catho et blanc) et non pour sa remise en cause. Les conditions du ralliement sont alors:
    – l’invisibilisation de la réalité homo et de genre (au fn y a pas de tapette dixit M lepen). Les hommes sont masculins /viril/etc et les femmes sont féminines/maternelles/etc ,
    – accepter la famille reproductive hétérosexuelle comme institution centrale de la société. (pas de mariage pour tous au fn)

    Comme nous les personnes racisées (musulmanes ou non) sont minoritaires (et non les 30 000 salafistes français ne peuvent pas imposer la charia). Leur tournée le dos, c’est tourner le dos à des alliés potentiels et faire le jeu de la société hétéronormée catholique blanche et raciste. N’écoutons pas les sirènes de la pseudo menace intérieure.

    Certains devront peut-être arbitrer entre privilèges et oppressions. Ainsi certains hommes blancs homosexuels choisiront peut-être (comme Philippot et Chenu) de préserver leurs privilèges en tant qu’homme blanc quitte à mettre entre parenthèse leur oppression en tant qu’homo.

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  8. Julien

    Je suis Gay et je vote FN sans aucun scrupule. Cet article est très bien écrit. Je rève d’un monde ou nos politiques règleront cette satanée concurrence communautariste: en haut de laquelle se situent les « racaillent » qui nous agressent sans cesse. Nous serions moins « plume dans le cul » et ils seraient moins obsédés par leurs « règlements religieux » que le monde serait apaisé. Dans l’attente, le seul parti qui souhaite cet apaisement est celui de Marine LE PEN.

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  9. Christophe

    « c’est souvent la même histoire qui revient : un jour ou une nuit, ils se sont faits insulter ou agresser dans la rue en raison de leur homosexualité par «un Arabe» (les plus pudiques disent «une racaille», mais on sait tous que ça veut dire la même chose pour eux). Parfois de manière récurrente. Parfois, cette mésaventure ne leur est pas arrivée à eux personnellement, mais à un ami ou à une connaissance. Et cela a suffi pour les convaincre qu’«il y en a trop», que «la France, tu l’aimes ou tu la quittes» »

    Comment ne pas … Réagir (pour rester modérer) face a cette article ?

    Je m’explique. Ce que dit cet article, c’est 1. Majoritairement, si les gays votent FN, c’est parce qu’ils « ESTIMENT » que l’insécurité est liée à l’immigration 2. Mais ce n’est pas le cas (sous entendu tout au long de l’article) et pour la plupart ce n’est basé que sur une expérience anecdotique, vécue ou même seulement racontée (cf. la citation en début de commentaire)

    La conclusion logique de cette article devrait être « les gays sont tous des cons et basent leur jugement sur un acte isolé dans leur vie ou celle d’un autre », idée que je ne rejoins bien entendu pas.

    Sérieusement ? Ça ne choque personne ?

    De plus, je trouve que cette article est au contraire un appel a la discrimination. Le fait de catégoriser les gays, qui se doivent de tous penser pareil et être anti-FN (voire pro-gauche ?) est pitoyable.

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  10. benji

    Pour moi, c’est une question de vivre-ensemble.

    L’article commence bien (buzz lié au vocabulaire employé) mais il fini mal (c’est reparti pour un couplet sur les musulmans) et est parfois méprisant (femen).

    Le vivre ensemble c’est poser la question non de la personne (terrain favori du FN et du repli sur soi) mais du lien social. Se demander pourquoi les catholiques et les musulmans ne s’entendent pas ? Leur donner la parole et des prénoms, des visages 🙂 et si on déborde de la question posée , c’est pas bien grave..

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    • Laviepeutetrebelle

      article intéressant mais pas d’accord avec tout
      le FN n’est pas rassembleur mais dans l’exclusion et mise sur les différences
      Si des gays votent FN ? Bof
      Triste démocratie. Déception ?
      Mais tout de même voter pour un parti qui « détaille  » la Shoa, les camps de concentration et donc la déportation des triangles roses entre autres.
      Qui souhaite renvoyer les étrangers (vers où ?) pour conjurer la crise
      T’es juif ,maghrébin gay et chômeur dis moi FN tu me déportes dans quel camp ?

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  11. Bobonichon

    Julien paie le gaz pour lui même. Malheureusement je vois de plus en plus de gays attirés par les ‘idées’ courtes du FN. Dur constat.Je ne me suis jamais fait traiter de tarlouse dans la rue, j’ai jamais vu personne non plus se faire agresser dans la rue parce qu’il était homo. Je sais que ça arrive. Par contre des mecs se faire traiter de sale arabe dans la rue j’ai eu l’occasion d’en voir plus d’un. Des discriminations à cause de mes préférences sexuelles j’en ai senti, ça a jamais été ‘frontal, mais c’est bien présent et je pense que tout les gays en ont subis. Et ils feraient bien de s’en rappeler car c’est aussi se que subissent les autres minorités en France. Mais certain préfèrent eux aussi discriminer au lieu d’aimer; c’est plus facile.

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  12. Henry.

    Bonsoir Romain, votre article très complet paru il y a 1 an et demi est hélas je pense écorné par les évènements que nous traversons , je doute désormais qu’un simple échange ou brainstorming aupres des assos lgbt change la donne et les intentions de vote homo pro FN . Les massacres revendiqués par l »EI ( avec les précautions utiles à prendre , récupération et amalgame) qui valident le diagnostic du FN sur la prétendue menace Islamique ( du pain béni pour eux ) sera un argument masse de la prochaine campagne, ils en jouent parfaitement , dans la retenue ( c’est glaçant) Mais pourquoi pas un mot dans votre développement sur le statu des gays dans les pays Musulmans ? les arrestations, pendaisons, défenestrations, tortures et viols ? Des gays Français mais aussi Hollandais , Allemands etc , fragilisés par une insulte ou une brimade, quand ils constatent les crimes que les tenants du pouvoir religieux et policier de pays comme la Tunisie, l’Egypte, la Libye , l’Iran, sans oublier la Turquie, le Maroc , les pays occupés par L EI, l’Afghanistan etc ,perpètrent quotidiennement font un transfert et ils imaginent l’avènement possible de ce type de menaces en France /Europe . Les Médias, mais aussi les faits ont généré une peur irrationnelle qui annihile le jugement , le plus terrible c’est que les homos pensent en soutenant le FN faire un vote de protection ( contre l’Islam, contre la crise migratoire ) il n’en est rien certes , on peut se faire casser la G par n’importe qui à cause de notre nature , n’est il pas utile de délimiter les libertés religieuses ( le petit Père Combes version 2016 ) a la lumière de ce que nous traversons ? votre regard Voltairien ne risque t il pas d’être submergé par la peur et l’avènement de partis politiques durs ( F N ou LR version hard) qui n’hésitent pas à instrumentaliser l’électorat ? Nous aurons franchis un point de non retour qui ne sert que les extrêmes et les intégristes de tout bords qui attendent l’embrasement … j’ai l ‘intime conviction que la perception du statu des Musulmans en France est devenu inaudible , invisible car teinté d’angoisse trop profondes , ils vivent en quelque sorte la double peine, victime la bas de la terreur et victime ici du rejet . De plus les errements du gouvernement actuel ancien port d’attache de nombreux gay et lesbiennes n’augure pas de grands succès pour les partis de gouvernements … sans doute bizarre de faire suivre un article vieux de plus d’un an et demi , mais quel est votre point de vue sur la situation désormais ? (j’ai même pas évoqué le sort des gays musulmans en France sans doute déchirés par ce qui ce passe ) …

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