En 2015, le traditionnel festival printanier de l’Opéra de Lyon a pour thème « les jardins mystérieux ». Trois opéras seront ainsi présentés en mars.

les jardins mystérieux le jardin englouti sunken garden michel van der aa heteroclite copyright mike hobanIl y a dix ans, Serge Dorny, directeur de l’Opéra de Lyon, a institué un rendez-vous incontournable : le festival d’avant-printemps. De saison en saison, Dorny nous balade dans des pays imaginaires, nous conduit à la rencontre de héros perdus, nous questionne sur la justice et l’injustice. Cette saison, il nous invite à une promenade dans «les jardins mystérieux», promesse d’envies sauvages, de beautés en tous genres, de secrets savamment gardés au creux de buissons plutôt ardents. Pour cela, il nous propose trois œuvres à lire comme un seul triptyque où chaque pan crée une onde de choc sur les deux autres pour former ensemble un tout savoureux.

Les Stigmatisés, écrit par Franz Schreker à la fin de la Première Guerre mondiale, reste, près d’un siècle plus tard, un opéra d’une incroyable contemporanéité. Schreker, compositeur aujourd’hui méconnu, a pourtant, de son vivant, été mis sur le même plan qu’un Wagner ou qu’un Mozart par plusieurs critiques. Avec Les Stigmatisés, il a su hypnotiser son public par un érotisme jusqu’alors impossible à montrer. Son opéra est à la limite de tout, dans des contrastes fous entre une écriture musicale assez classique et un livret où toutes les outrances sont possibles, où l’enfermement psychique de l’être humain est poussé à l’excès. Le jeune metteur en scène David Bösch, qui aime par-dessus tout les univers gothiques flamboyants, est là tout à son affaire.

L’opéra refleurit à Lyon

On connaît mieux le second opéra du festival Les Jardins mystérieux, Orphée et Eurydice de Gluck, et le mythe puissant de ce poète et musicien, inconsolable après la mort prématurée de sa bien-aimée, qui réussit à déstabiliser les dieux par son chant et sa plainte… Il faudra regarder avec attention la mise en scène que cette œuvre à l’écriture harmonique folle a inspirée à David Marton, dont les derniers opéras témoignaient d’une envie farouche d’en découdre avec les codes d’un monde lyrique parfois à bout de souffle.

Enfin, pour compléter ce triptyque, le génial touche-à-tout Michel van der Aa a composé (sur un livret du romancier David Mitchell) Le Jardin englouti, un opéra de son temps, écrit avec les matériaux de son époque. Mêlant sonorités classiques et électroniques, il a réalisé pour l’occasion un film dont les images s’entrechoquent à ce qui s’élabore sur scène.

Entre la redécouverte d’une œuvre oubliée et cette création contemporaine, l’opéra refleurit donc à Lyon… comme les jardins au printemps !

 

Festival Les Jardins mystérieux, du 13 au 29 mars à l’Opéra de Lyon, 1 place de la Comédie-Lyon 1 / 04.69.85.54.54 / www.opera-lyon.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.