Inspiré de la vie de la poétesse américaine Elizabeth Bishop, Reaching for the Moon explore notamment son art et ses relations amoureuses, mais aussi l’Histoire du Brésil.

En 1951, la poétesse américaine Elizabeth Bishop a quarante ans et peine à retrouver l’inspiration. Déprimée, elle décide de partir en voyage et quitte New York en automne pour les chaleureuses terres brésiliennes. Elle y retrouve Mary, une ancienne copine de chambrée du temps où elle étudiait à Vassar, célèbre université privée de l’État de New York prônant l’éducation des femmes. Elle rencontre également la compagne de Mary, l’architecte Lota de Macedo Soares. On dit que les contraires s’attirent : la relation amoureuse (qui durera quinze ans et que raconte Reaching for the Moon) entre la Nord-Américaine blasée et la Latine spontanée ne contredit pas le proverbe.

Facture classique pour un film politique

Côté bande-son, le compositeur Marcelo Zarvos déroule le tapis rouge et met en musique les sentiments d’Elizabeth. Ces arrangements minimalistes, ces petites notes de piano qui vont puiser au plus profond des sentiments du spectateur nous rappelle forcément le travail de Philip Glass pour le film The Hours (auquel la bande-annonce fait d’ailleurs référence). Mais là où Stephen Daldry proposait avec beauté, lyrisme et profondeur trois histoires de femmes à partir de celle de Virginia Woolf tentant d’écrire Mrs Dalloway, le réalisateur brésilien Bruno Barreto se contente de suivre le cours de l’Histoire. Certes, la mise en scène est réfléchie et les lumières sont majestueuses mais le film reste d’une facture classique et ses ficelles sont quelques fois trop grosses (l’exemple le plus éloquent de ces facilités est l’averse soudaine qui s’abat sur la villa des trois femmes lorsque Mary pleure sa rupture avec Lota !).

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Cependant, force est de constater que Reaching for the Moon est aussi un film politique qui confronte les individualités dans un pays à l’Histoire riche et contradictoire : proche de Carlos Lacerda (gouverneur de l’État de Rio de 1960 à 1964), c’est Lota qui lui souffla l’idée de la construction du parc Flamengo – et qui en dirigea les travaux – pour qu’il marque de son empreinte l’Histoire de son pays. Le parc est aujourd’hui considéré comme un des plus grands et des plus beaux du monde, cœur à la fois urbain et végétal de Rio.

 

Reaching for the Moon de Bruno Barreto, dimanche 12 mars à 20h30 au cinéma Le Club, 9 bis rue du Phalanstère-Grenoble / 06.88.70.75.64 / www.vuesdenface.com
Également disponible en DVD chez Outplay

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