Patrice Béghain, ancien adjoint à la Culture de la Ville de Lyon, souligne dans cette série d’articles l’homo-érotisme qui se dégage de six tableaux tirés des collections des musées de Rhône-Alpes. Ici, Jacques-Louis David, Etude pour la Mort de Bara, 1794, musée de la Révolution française, Vizille.


 

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En 1794, David (1748-1825), devenu peintre officiel de la Convention, reçoit commande d’un tableau destiné à célébrer le sacrifice du jeune Joseph Bara, tué, l’année précédente, par les Vendéens. Le tableau est aujourd’hui conservé au musée Calvet d’Avignon. En 1994, le musée de la Révolution française, installé dans l’ancienne résidence d’été des présidents de la République, acquiert ce dessin préparatoire, quasi-inconnu.

Si le tableau d’Avignon présente un corps à la pose contrainte et presque androgyne, le dessin de Vizille offre l’image d’un corps en arc de cercle, tête en bas, cheveux épars. Le sexe, qui, dans l’oeuvre finale, a quasiment disparu entre les jambes, est bien visible, comme si, ainsi que le suggère l’historien d’art Philippe Bordes (qui est à l’origine de cette acquisition), David avait complètement changé de point de vue. De la représentation harmonieuse de la mort d’un éphèbe, il est passé à l’expression d’une mort violente. Recherche du pathos qui sied à l’exaltation d’une victime de la Contre-Révolution ou expression d’un fantasme du peintre ?

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