Patrice Béghain, ancien adjoint à la Culture de la Ville de Lyon, souligne dans cette série d’articles l’homo-érotisme qui se dégage de six tableaux tirés des collections des musées de Rhône-Alpes. Ici, Jean-Baptiste Mauzaisse, Hercule et Lycas, 1820, musée de Grenoble.


 

Jean-Baptiste Mauzaisse, Hercule et Lycas, 1820, musee de GrenobleLycras, son valet, ui ayant remis la tunique mortelle de Déjanire, Hercule le saisit et, après l’avoir fait tournoyer au-dessus de lui, le jette dans la mer, où il est transformé en rocher. Jean-Baptiste Mauzaisse (1784-1844), qui fit carrière sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, choisit un passage des Métamorphoses d’Ovide, qui, avant lui, a notamment inspiré le peintre Michel-Ange Houasse et le sculpteur Canova.

Tout ici joue du contraste entre la force furieuse du héros et l’effroi de l’adolescent, dans un paysage à l’unisson du drame. Aux couleurs fauves d’Hercule, dépouille de la peau du lion de Némée, qui gît à ses pieds, répondent la blondeur des cheveux et la blancheur du vêtement de Lycas. L’Hercule massif, bien planté sur ses pieds, dans la violence de sa colère, saisit de ses bras puissants sa victime, renversée, membres écartés et mains grandes ouvertes.

Dans le tournoiement, le pagne a glissé et laisse voir le sexe de Lycas, dans la diagonale duquel le sexe d’Hercule est révélé autant que dissimulé par sa tunique. Ni Houasse, ni Canova n’ont été aussi explicites. C’est l’axe du tableau, au centre de la géométrie sculpturale de l’mbrication des deux corps. La puissance virile domine et anéantit la fragilité juvénile.

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