Patrice Béghain, ancien adjoint à la Culture de la Ville de Lyon, souligne dans cette série d’articles l’homo-érotisme qui se dégage de six tableaux tirés des collections des musées de Rhône-Alpes. Ici, Le Sommeil d’Endymion, peint en 1822 par Louis-Édouard Rioult et conservé au musée d’art moderne de Saint-Étienne.


 

Louis-edouard Rioult, Le sommeil d'Endymion, 1822, musee d'Art moderne de Saint-etienneOn connaît la fable grecque de ce jeune demi-dieu condamné à un sommeil éternel que Diane, dans le célèbre tableau de Girodet, baigne amoureusement de sa lumière lunaire, sous le regard ironique de Zéphyr, épris quant à lui du bel Hyacinthe. Au format horizontal de l’oeuvre de son prédécesseur, qui magnifiait l’abandon ambigu d’un adolescent au corps féminin, sans musculature, Louis-Édouard Rioult (1790-1855), substitue, trente ans plus tard, un format vertical, qui met en valeur la plastique de son modèle, au torse parfaitement dessiné.

La rêverie érotique de Girodet laisse place à une belle académie masculine. Le trouble ne tient plus à l’inspiration du peintre, mais, le cas échéant, au seul regard de l’amateur, contemplateur solitaire d’un corps viril rendu disponible par le sommeil, caressé jusqu’au creux de l’aine par l’obscure clarté de la lune, qui sourd de la futaie.

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