La saison 2014-2015 du Festival de Musique baroque de Lyon se conclut avec deux invités de marque : Nathalie Stutzmann et le SR9 Trio.

En mai, fais ce qu’il te plaît ! Le Festival de Musique baroque de Lyon l’a bien compris et programme ce mois-ci deux événements qui vont ravir le public au-delà de ses espérances.

C’est tout d’abord une Nathalie Stutzmann double-face qui arrive à la Chapelle de la Trinité pour une soirée palpitante (et pour le moins atypique) autour d’airs de Haendel peu connus et d’une exigence rare. De dos, elle dirige avec maestria son ensemble, Orféo55. De face, elle se mue en contralto à la voix ronde et sensuelle. Depuis qu’en 2009 elle a osé se confronter à la direction d’orchestre (qu’elle voit comme un prolongement naturel de son travail de soliste), elle occupe alternativement les deux fonctions de chef et d’interprète avec le même brio. Dans l’une comme dans l’autre, elle parvient à extirper de chaque partition des couleurs inédites et des ambiances qu’elle seule arrive à dénicher, elle s’acharne à offrir une musique puissante et fragile à la fois. En un mot, c’est une exploratrice.

festival de musique baroque de lyon Natalie Stutzmann heteroclite lyon copyright Simon Fowler

Demandée dans le monde entier pour ses interprétations subtiles, pleines de chair et de spiritualité, Nathalie Stutzmann vit son travail de chef comme une apothéose dans sa carrière musicale. On peut la comprendre, elle qui a eu l’honneur d’être invitée au Japon par Seiji Ozawa pour diriger avec lui… Lorsqu’on l’a vue en concert, on en reste marqué-e à vie, comme hypnotisé-e par sa gestique a minima, par ses envolées de bras qui provoquent des tsunamis dans l’orchestre ou par cette voix magnétique et profonde.

Bach au marimba

L’autre concert programmé par le Festival de Musique baroque en mai (et qui clôt cette saison 2014-2015) est tout aussi surprenant, puisque trois jeunes percussionnistes talentueux et déraisonnables ont imaginé jouer l’intouchable Offrande musicale de Bach… au marimba, cet instrument traditionnel d’Amérique latine, cousin éloigné du balafon africain. Les puristes vont s’étrangler sur le champ, mais les autres attendent ce moment avec impatience. Le SR9 Trio propose là une belle relecture de l’œuvre de Bach et dit, s’il le fallait encore, que la musique du Maître est universelle.

 

Nathalie Stutzmann, mardi 19 mai
Bach au marimba, samedi 30 mai
Chapelle de la Trinité, 29-31 rue de la Bourse-Lyon 2 / 04.78.38.09.09 / www.lesgrandsconcerts.com

 

Photos Nathalie Stutzmann © Simon Fowler

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